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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 18:11

 

Grégory Gadebois & Clotilde Hesme. Pyramide Distribution

Si je ne m'’étais fiée qu’'au titre de ce film, je ne sais pas si j’'aurais été très tentée de le voir !
En revanche, l’'affiche à l’'élan heureux et la bande annonce ne m’'ont pas fait hésiter.

 

Il s'’agit du premier film d’'une jeune femme qui s’'appelle Alix Delaporte. Et un premier film, quand il est simple, sans prétention, j’'ai envie de l'’encourager !

 

Oui il a des défauts, des maladresses, comme tout film, a fortiori le premier. Je me serais passée de quelques scènes comme la toute première ou encore la scène de grève/révolte des pêcheurs, je ne les ai pas trouvées très bien filmées, et je ne suis pas sûre qu’elles « nourrissaient » le propos.

 

Mais c’'est le genre de film qui donne envie de sourire, de croire que de trajectoires contrariées et de situations humainement difficiles, il peut émerger un espoir, une lumière, une « issue ». Le cinéma c'’est aussi cela, n’'est-ce pas ? Se sentir porté, soulevé même.

 

Les acteurs, particulièrement Grégory Gadebois et Clotilde Hesme, jouent juste et sont très touchants. J'’avais déjà pu apprécier le jeu de cette actrice dans le petit film sympathique « Le fils de l’'épicier ».

 

Angèle s'’accroche dans sa vie tourmentée comme au guidon de ce vélo avec lequel elle sillonne ces lieux pas franchement accueillants. Elle n’'a pas l’'air très à l’'aise mais déploie une énergie incroyable pour avancer... Elle a vu Tony –- et ce très rapidement -– comme un arbre solide qui résiste aux tempêtes, comme cette possibilité d'’un futur et toute d’'instinct faite, elle n'’en démord pas, elle ne lâche pas. Elle est aussi brusque qu'’attachante, aussi imprévisible que cette mer où s’'aventure Tony tous les jours. Et Tony lui-même ne sait d’'abord pas très bien comment réagir face à cet être orageux qui s'’installe, qui s’'accroche à lui.

 

Ils me rassurent ces films où les regards parlent autant voire mieux que les mots, où on a l'’impression qu'’une complicité (casting ? alchimie ? hasard ?) s’'installe au-delà du texte. La scène de répétition du dialogue est à cette image. On sent Tony émerveillé de voir Angèle sourire, Angèle qui semble « s’'effriter » pour laisser entrevoir joie et douceur.

 

Il y aussi a cette manière de filmer les lieux qui reflète bien cet esprit si particulier des petites villes ou villages, et qui me fait penser à un autre premier film, « Un poison violent » de Katell Quillévéré.
Comme si certaines histoires et certains sentiments ne trouvaient un terrain propice à leur épanouissement que loin des grandes villes...



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Published by Claire
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Christophe 21/02/2011 22:17

Premier long-métrage d'Alix Delaporte, ancienne journaliste de l'agence Capa, Angèle et Tony est une histoire d'amour résolument ancrée dans le réel. En d'autres termes, ce n'est pas une comédie romantique. Une orientation qui doit beaucoup à l'arrière-plan social du film et à l'évocation pleine de justesse -pour ne pas dire documentaire- de la vie d'un petit port de pêche de la côte normande. Elle tient également au fait que la réalisatrice ne cède pas à la tentation de rendre ses personnage immédiatement (et artificiellement) sympathiques. Angèle, sauvageonne en rupture de repères, est d'abord prête à recourir aux procédés les moins dignes pour arriver à ses fins. Et quand enfin elle semble s'amender, c'est Tony qui, par sa méfiance, sa retenue, montre un visage déplaisant (voir la réflexion qu'il adresse à Angèle lorsque celle-ci participe avec les femmes de marins à la confection de fleurs en papier crépon pour la fête de la mer).

Grégory Gadebois & Clotilde Hesme. Pyramide Distribution
Si Alix Delaporte maîtrise son sujet sur le fond, sa mise en scène n'est en revanche pas exempte de maladresses (la séquence de manifestation des pêcheurs en est un exemple). Le jeu sensible des acteurs compense toutefois celles-ci. Grégory Gadebois, pensionnaire de la Comédie française, vu l'année dernière dans Gainsbourg, vie héroïque, évolue ainsi tout en subtilité, donnant avec un minimum d'effet du sens à ses silences, ses hésitations. Clotilde Hesme, qui se construit depuis quelques années une belle filmographie (entre autres, Les chansons d'amour et La belle personne de Christophe Honoré, Mystères de Lisbonne de Raoul Ruiz), offre quant à elle beaucoup d'intériorité à un personnage en apparence extraverti.

Malgré ses défauts (imputables sans doute à l'inexpérience d'Alix Delaporte), Angèle et Tony est la deuxième jolie surprise française de ce début d'année, après Poupoupidou. On sera surtout gré à la cinéaste de ne jamais sombrer dans les travers nombrilistes et misérabilistes du cinéma d'auteur français. L'authenticité, la simplicité servent ici l'émotion, car elles facilitent l'identification des spectateurs aux personnages. Presque miraculeux...

Chris 21/02/2011 21:29

Plus je pense rétro-activement à ce film, plus il me plait. Une oeuvre, une vraie, qui porte un sens unique.

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