Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 08:10

Ce film est un coup de poing élégant qu'’on voit venir, dont on croit évaluer l’'impact, mais qu'’en réalité on sous-estime et qui nous laisse silencieux et très mal à l’aise.

 

Ici pas de lumières ternes ou froides comme dans Slovenian Girl, mais des teintes chaudes, des visages lumineux, des rires et sourires, de beaux panoramas d’'Ombrie. Autant de paysages trompeurs qui font que peut-être les désillusions ont un goût encore plus amer.

 

Ce film parle de la collision entre deux mondes. Le monde confortable et préservé de Susanna et Alfredo, intellectuels romains d’'âge mur et d’'esprit jeune avec celui de Nadja, jeune et ravissante prostituée ukrainienne. Susanna entreprend d’'héberger cette dernière pour la sortir de sa situation, associant à cette entreprise avec plus ou moins de transparence sa famille et ses proches, qui ne voient pas nécessairement la chose d'’un bon oeœil.

 

Qui n'’a jamais caressé l’'idée, le souhait de venir en aide à des personnes en difficulté croisées au quotidien ?

 

La réalité dépasse souvent de beaucoup les projections mentales, aussi agréables et satisfaisantes soient-elles. Une fois la machine en route, si des grains de sable au fond prévisibles viennent s'’introduire dans des mécanismes bien huilés, que faire ?

 

Les minutes passent, le film se déroule, et les regards changent (ils sont d’'ailleurs bien filmés). Les corps se crispent, l'’expression et les propos se durcissent. Face à eux, une fleur s'’ouvre, une fleur qui a eu très soif et qui n’a pas l’'intention de se laisser dépérir. Cette eau qui s’'offre à ses yeux, elle en prendra le plus possible. Une fleur qui en luttant pour sa survie heurte l'’ordre établi.

 

Ce qu'’il se passe ensuite ? Les convenances volent en éclats.

 

 Subtilement, les « gens bien » se révèlent, les beaux vernis se fissurent, les portes et les coeœurs se referment.

 

 

 Ce film est dérangeant parce qu’'il renvoie à la part de noirceur et d’'égoïsme qui dort en chacun de nous. Il se passe en Italie, mais il pourrait se passer ici.

 

Monica Guerritore et Victoria Larchenko portent véritablement ce film, aussi belles et dures l’'une que l'’autre. A noter la présence d'’Elio Germano, qui perce avec talent dans un certain cinéma italien qui je l’'espère aura de beaux lendemains (Mon frère est fils unique, La nostra vita).

 

La dernière scène, poignante et douloureuse de lenteur, ne laisse d’'espoir que dans l'’élan vital immense de la jeunesse.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Claire
commenter cet article

commentaires

Bob Morane 16/07/2011 19:49

J'ai beaucoup aimé ! dérangeant au possible, incroyablement réalisé et joué à la perfection.

Jul 20/04/2011 17:10

Une bonne critique, bien écrite, bravo :). C'est vraiment dommage que ce film soit passé aussi vite et aussi discrètement.

Présentation

  • : Claire dans les salles obscures
  • : Mes impressions sur les films que j'ai pu voir... les vôtres sont plus que bienvenues, elles feront aussi vivre ce blog! :) Si vous ne venez pas régulièrement, pensez à vous inscrire à la newsletter (plus bas à droite) afin d'être tenus au courant des avis postés!
  • Contact

Compteur

Recherche