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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 22:31

 

Cesar-doit-mourir.jpg

 

Vu dans le cadre du Festival des Festivals

FestFest1.jpg
 

Une bonne surprise que ce film, qui a reçu l’Ours d’Or au 62ème festival de Berlin.

 

Un long-métrage court (à partir de 60 minutes on est dans la catégorie du long-métrage !), on en perdrait presque l’habitude ! A part pour David Lynch, Nuri Bilge Ceylan, et quelques rares autres, je trouve les longueurs des films actuels difficilement gérables.

1h15, c’est un format très agréable qui ne laisse pas le temps de s’ennuyer, qui concentre le propos.

 

Je suis en train de lire la tragédie dont le film est librement inspiré, « Jules César » de Shakespeare. Je suis frappée par l’aspect actuel (ou bien serait-ce intemporel?) de celle-ci (que dire d’une réplique comme : « Siècle, tu es déshonoré ! Rome, tu as perdu la race des nobles courages ! Quel siècle s’est écoulé depuis le grand déluge, qui ne se soit enorgueilli que d’un seul homme ? »), et je comprends d’autant plus qu’elle ait été réadaptée, après 3 autres films (en 1908, par J. Stuart Blackton et William V. Ranous, avec Charles Kent, en 1950 par David Bradley, avec Charlton Heston et en 1953 par Joseph Leo Mankiewicz, avec l’inimitable Marlon Brando).

 

Les frères Taviani (Paolo et Vittorio) sont des réalisateurs et scénaristes toscans nés en 1929 et 1931 (pas de la dernière pluie donc !). Ils cosignent tous leurs films, et comme l’un d’entre eux l’indiquait dans une interview à Cannes à propos de la répartition du travail de chacun, « Nous sommes comme le café au lait... Impossible de dire où finit le café et où commence le lait ! »

 

Le film raconte la mise en scène de la pièce de William Shakespeare, par les détenus d'un quartier de haute sécurité de la prison de Rebibbia, à Rome, dont les portraits se résument de façon marquante au lieu d’origine et aux délits et crimes commis (nous n’avons pas affaire à des amateurs !).

 

Au début du film, la fin de la représentation est montrée, en couleur, et se termine sous les applaudissements des spectateurs venus y assister.

Toutes les répétitions sont par contre filmées en noir et blanc, un très beau noir et blanc, dans un décor carcéral qui s’y prête particulièrement bien.

 

On perd assez vite nos repères quant à ce qui est de l’ordre du réel et de la fiction. Les rapports entre les prisonniers ainsi que ces derniers s’imprègnent de leurs rôles. Difficile de toujours repérer ce qui relève de la mise en scène et ce qui se déclenche spontanément entre les prisonniers.

 

L’idée de les faire réciter dans leurs dialectes est très plaisante, donnant lieu à de savoureux échanges avec des accents très marqués.

Ce sont par ailleurs les détenus eux-mêmes qui ont traduit la pièce dans leurs dialectes respectifs.

J’ai pourtant eu l’impression qu’au fur et à mesure des répétitions, les dialectes s’effaçaient un peu au profit d’une langue plus harmonisée, ce qui serait intéressant en parallèle de l’avancée de la pièce, où les rapports entre les personnages sont de plus en plus tendus.

 

On se demande avec une certaine appréhension ce qu’est devenue la vie de ces détenus (à part l’un d’entre eux qui est devenu acteur… !) purgeant tous de longues peines, depuis le film. L’un d’eux dit à la fin : « Depuis que j’ai découvert l’art, ma cellule est devenue une prison ». Théâtre de l’enfermement dans l’enfermement, ce film montre aussi un élan vers une théâtralité maîtrisée que, décidément, les italiens ont dans le sang.

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Published by Claire
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commentaires

miriam 16/11/2012 17:36

je sors de la salle. Éblouie! je viens de télécharger la pièce.

Claire 22/11/2012 21:57



Oui, j'ai entre autres beaucoup apprécié le noir et blanc du film et le théâtre vu de l'intérieur! :)



miriam 13/11/2012 10:13

pour Antoine et Cléopâtre, le billet vient de sortir sur mon blog : http://miriampanigel.blog.lemonde.fr
mitigé, ....

Tuffreau 10/11/2012 14:59

Merci chère Claire, quel plaisir de te lire.
Taviani, Hanneke, Ferrari Goncourt, quel bel automne !

Claire 22/11/2012 21:58



Merci! Je viens de poster ma critique sur Amour. Je ne suis pas vraiment convaincue mais j'y ai été plus réceptive tout de même qu'aux précédents films d'Haneke.



miriam 08/11/2012 18:51

j'ai prévu de voir le film et comme toi, j'ai envie de lire la pièce. je viens juste de finir Antoine et Cléopâtre pour être déjà dans l'ambiance;

Claire 09/11/2012 18:43



Et qu'as-tu pensé d'Antoine et Cléopâtre?



La chouette 08/11/2012 18:21

Un vrai plaisir que de te lire.
Continue à faire vivre ce blog !

Claire 08/11/2012 19:32



Ca fait plaisir de lire ces gentils mots! I'm doing my best :)



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