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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 08:04

Julieta Zylberberg. Pyramide Distribution

Ce film ne ressemble pas aux films argentins que j’ai pu voir ces dernières années, néanmoins je l’'ai apprécié pour son caractère très froid, rigide, qui en fait une dénonciation politique encore plus subtile. 

Carcan visuel et huis-clos psychologique, L'oe’œil invisible ne nous laisse sortir que mal à l’'aise, conscients d'’une réalité difficilement cernable dans tous ses contours mais compréhensible malgré tout pour nos yeux d'’occidentaux, une réalité qui a été celle de l'’Argentine à la fin du 20ème siècle, et sans doute d’'autres pays sud-américains.

Le film se déroule pour la plupart des scènes dans l’'enceinte du Lycée National de Buenos Aires, l'’école qui forme les futures classes dirigeantes du pays, en 1982, période où la dictature militaire est contestée. María Teresa, jeune femme de 23 ans, y est surveillante. Excellent élément, aidée par le surveillant en chef de l'’établissement, elle va vite devenir « l'oe’œil invisible » à l’'intérieur des murs, celle à qui rien n'’échappe, mais qui ne se fait pas voir...

J
e déconseille le film aux personnes claustrophobes, car l'’atmosphère du film, réussie, est très étouffante, et également aux âmes sensibles. C’est un film lent, qui distille une certaine angoisse par ses plans fixes, longs, froids et géométriques, et sa musique lancinante. Mais les cadrages sont impeccables, les alignements précis (de colonnes dans la cour, de carrelages, d’'élèves).

Le personnage ambigu de Maria Teresa révèle différentes facettes au fil de l'’intrigue, dans un désir impensable d’'ouvrir cette vie étriquée qui s’'offre à elle pour vivre sa jeunesse, face au surveillant général dont l’'ambigüité ‘paternelle’ bien jouée est toute aussi grande. Julieta Zylberberg (qui était Josephina, l'’une des héroïnes effrontées dans « La Niña Santa » de Lucrecia Martel, film en eaux troubles également) est impeccable dans ce rôle étrange mêlé d’'austérité, d’'autopunition et de curiosité adolescente.

« - Quel est le secret d’'une bonne discipline ?
- La surveillance ?
- La surveillance permanente. »

Pour que l’' « ordre » règne, quel qu’'il soit (et les définitions tristes ne manquent pas dans l’'actualité), il y a toujours un prix. Parfois, il se paie très cher. Ce film le prouve, dans une démonstration qui peut gêner, mais avec maîtrise.

Je vous le dis tout net, ce film m’'a fait froid dans le dos.



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Published by Claire
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dasola 20/07/2011 16:59

Bonjour Claire, je suis contente que ce film passé trop inaperçu à mon goût t'ai plu. C'est le genre d'histoire qui me plaît, très ambiguë. J'ai aimé l'atmosphère. L'actrice principale est remarquable. Bonne fin d'après-midi.

Christophe 20/07/2011 00:26

Excellent film, avce quelques scènes assez choquantes... Je n'en ai pas fiat la critique, pourtant je l'ai vu presque à sa sortie. Mais il y a un peu de démobilisation chez moi depuis quelques temps !

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