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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 19:50

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Pas évident de partir voir un film avec une double appréhension: celle des critiques dythyrambiques lues auparavant à son sujet, et celle de son thème, à savoir un jeune couple face à la maladie de leur jeune enfant.
Mais ce film suffisamment singulier a su se démarquer pour m'offrir un ressenti pluriel et constructif.

 

"La guerre est déclarée", c'est un film à l'emporte-pièces, dans ses propos et dans la manière dont il est filmé. Comme son héroïne (et sa réalisatrice), ça passe ou ça casse. Et de ce fait même, souvent, ça passe. Je ne suis pas certaine que cela emporte dans sa globalité de si grandes réflexions existentielles ou métaphysiques, mais ça passe.

Le film est tourné tout en impulsivité, en action, en vitesse, au plus près des visages, des corps, des regards. Pas une scène il me semble où on ne voit personne. Toujours quelqu'un. Toujours la vie.
Pour survivre, il faut agir, bouger. Ce film semble nous dire que s'immobiliser c'est laisser la maladie, la défaite - la mort même - gagner du terrain.

Trop en savoir, ce n'est pas si bon pour le moral. Ne rien savoir, ce n'est pas humainement concevable.
Même l'hôpital s'anime: course dans les couloirs, marche à deux épaule contre épaule, à la queue leu leu, à côté du lit où on transporte l'enfant, enfilage des blouses et des masques, portes qui s'ouvrent et se referment.

Entre documentaire et parfois curieusement presque roman photo, l'hôpital, la ville, le train, le film tout entier nous plonge dans cette réalité non souhaitée.

Alors les effets, les imperfections, les approximations du film passent au second plan, après la vie.

 

Les deux acteurs principaux sont impeccables, et je me suis demandée comment ils avaient pu se replonger dans ce passé pour entrer dans leurs rôles.

 

Oui c'est vrai, on pense que cette guerre déclarée a été gagnée, et en ce sens le film ne nous laisse pas sans espoir (on ne se sent pas écrasé de tristesse alors que le sujet est très difficile), mais est-il possible d'y survivre tout à fait?

La scène finale, entre beauté poignante et fragilité insoutenable, m'a serré le coeur en pensant à l'avenir.

La médecine a certes fait beaucoup de progrès, et que faire quand on ne sait guérir les autres soi-même à part accorder sa confiance à d'autres, mais dans sa conception occidentale elle ne laisse vraiment personne indemne.

 

Ils étaient détruits, mais plus forts, dit à peu près Valérie Donzelli quand s'envole le manège. La plus belle phrase du film d'après moi, peut-être la plus profonde, qui passe un peu vite. Là n'était pas le propos du film, mais j'aurais aimé connaître davantage le cheminement personnel, intérieur et ultérieur, de ce couple.

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Published by Claire
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commentaires

Platinoch 28/09/2011 15:18


J'y suis allé à reculons mais au final j'ai totalement accroché au combat pour la vie de leur enfant mené par ce couple. Réputé pour mon coeur de pierre, j'ai même versé ma larme à deux reprises.
La scène finale est magnifique, autant que ta phrase qui la décrit. Quant au côté un peu toujours en mouvement de la caméra, il permet à ce film qui parle de mort de déborder de vie de part en
part. Il n'est peut-être pas parfait, mais ce film est pour moi l'un des meilleurs de l'année.


Bob Morane 23/09/2011 19:20


Je fais parti des rares à ne pas avoir aimé. Le thème est poignant mais la réalisation et le jeu des acteurs et vrais auteurs, ne m'ont agacé. Dommage...


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