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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 07:51

Monsier-Lazhar.jpg

 

Ce film m’a beaucoup touchée.

 

Le début du film est le suivant : à Montréal, Bachir Lazhar, un immigré algérien, est embauché au pied levé pour remplacer une enseignante de primaire disparue subitement. Il apprend peu à peu à connaître et à s’attacher à ses élèves malgré le fossé culturel qui se manifeste dès la première leçon.

Sans entrer dans les détails, afin de ne pas révéler l’histoire, les personnages, les faits, les différents éléments se mettent en place progressivement, donnant une épaisseur au film, une densité de plus en plus tangible.

 

On pourrait croire qu’une des premières scènes, plus suggérée que réellement montrée, constitue l’élément le plus extrême, dur du film. Il n’en est rien. Certains mots et plans par la suite contiennent une violence inouïe, une souffrance difficile à circonscrire.

 

Et si cette souffrance est amoindrie par certains détails plus doux, plus humains et parfois même drôles, le film n’en demeure pas moins l’expression talentueuse de douleurs qu’on apprivoise à défaut de les éteindre, parce qu’elles vont au-delà de ce que l’esprit humain peut comprendre, accepter. Ainsi, certaines questions ne trouvent pas toujours de réponses.

Cette douleur, on l’apprivoise au contact de l’Autre, en créant un lien, en poussant un cri, en jetant un fil dont quelqu’un d’autre se saisira peut-être pour arriver jusqu’à nous.

 

Les interprètes, tout particulièrement Fellag et les deux élèves principaux fille et garçon (dont la fille, curieusement, n'est pas sans me rappeler le visage d'Anna Chlumsky à peu près au même âge), sont précis, justes malgré leur jeune âge pour les deux derniers, et portent de toute leur expressivité et sensibilité ce long-métrage.

 

J’ai également trouvé très bien montrés l’éloignement de son pays du personnage principal, la sensation de solitude dans un univers qui n’est pas le sien, la dépossession de son être mêlée à un profond désir d’avenir.

Rares sont les films qui capturent cette sensation qui s’apparente peut-être à ce qu’on nomme sans oser traduire « saudade ».

La scène où Bachir Lazhar est surpris par sa collègue le soir de la fête de l’école est ainsi un moment très émouvant.

 

Quant à la vision de l’école par cet homme, et de l’accompagnement des enfants, elle ne peut que toucher, à l’image de cette jolie citation :

« Une chrysalide, c’est un insecte entre la chenille et le papillon, dans un petit cocon fragile, bientôt prêt à déployer ses ailes, comme vous ».

 

Un très beau film au cœur de l’hiver, dans le froid décor d’une école québécoise, qui réchauffe le cœur.

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Published by Claire
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commentaires

Marcozeblog 16/10/2012 14:00

Oui le personnage a un grand désir d'avenir et d'aider ces enfants alors qu'il pourrait ne penser qu'à lui, à sauver ses fesses auprès de l'immigration. Une belle âme.

Claire 17/10/2012 07:31



Une belle âme, tu l'as joliment dit!



miriam 06/10/2012 20:58

magnifique présence de Fellag qui porte l'exil,le deuil, toute la souffrance du monde et qui la transflorme en tendresse pudique.

dsaola 04/10/2012 22:28

Bonsoir Claire, et le bel accent chantant de Fellag qui réchauffe le coeur. Film à voir et à conseiller. Bonne soirée.

Claire 05/10/2012 07:33



Exactement! Beaucoup d'humanité dans ce film (ce n'est somme toute pas si fréquent)...



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