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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 22:58

Paperboy.jpg

 

Vu dans le cadre du Festival des Festivals

 

FestFest1.jpg

 

Décidément je sens que son organisateur ne va pas m’épargner dans ce Festival ! ;)

 

La première image qui me vient à l’esprit est celle de l’actrice Nicole Kidman. Je ne peux rivaliser avec l’expression du même Christoblog à son sujet, donc je la cite : « vulgaire à en crever ». C’est tout à fait ça. A chaque fois qu’elle réapparaissait à l’écran, ça me sautait aux yeux. Côté performance donc, rien à dire, mais en même temps, elle est refaite à mort ! Comme disent nos amis américains : « Oh my God ! ». Je ne l’avais pas vue depuis un moment, quel choc.

 

L’histoire (merci le synopsis Allociné) est la suivante, inspirée d’un fait divers.

1969, Lately, Floride. Ward Jansen, reporter au Miami Times, revient dans sa ville natale, accompagné de son partenaire d’écriture Yardley Acheman. Venus à la demande de Charlotte, femme énigmatique qui entretient une correspondance avec des détenus dans le couloir de la mort, ils vont enquêter sur le cas Hillary Van Wetter, un chasseur d’alligators qui risque d’être exécuté sans preuves concluantes. Persuadés de tenir l’article qui relancera leur carrière, ils sillonnent la région, conduits par Jack Jansen, le jeune frère de Ward, livreur du journal local à ses heures perdues. Fasciné par la troublante Charlotte, Jack les emmène de la prison de Moat County jusqu’aux marais, où les secrets se font de plus en plus lourds. L’enquête avance au cœur de cette Floride moite et écrasante, et révèle que parfois, la poursuite de la vérité peut être source de bien des maux…

 

On entre dans le film comme dans la moiteur des lieux, immédiatement, dans une scène  réussie avec l’actrice Macy Gray (à la voix et à l’accent inimitables), et on en ressort un peu moins de 2h plus tard, lessivés comme si on avait passé le temps du film dans ces marais floridiens avec un alligator aux fesses ou dans un cauchemar kidmanien (ou bien les deux en même temps).

 

Pour aller droit au but : ce film est malsain bien comme il faut, trash, violent, vulgaire (thanks again to our friend Nicole for most of it), très sexuel. Je crois que cela fait déjà une bonne liste, je vais pour l’heure m’arrêter là.

 

Je dois néanmoins dire, presque à contrecœur compte tenu de la liste qui précède, que je l’ai trouvé bien fait, bien mené, certainement inspiré par certains de ses protagonistes, qui donnent littéralement la chair de poule.

 

Le film a été tourné en Louisiane, près de la Nouvelle Orléans, et on croit sans peine à ces rencontres angoissantes dans le bayou.

 

Le casting est réussi, que ce soit le rôle abominable de John Cusack, celui très ambigu et difficile de Matthew McConaughey (j’aime beaucoup cet acteur), celui de Zac Efron (un peu trop mis en avant ‘plastiquement’ ?), celui double de David Oyelowo, ou encore le rôle dans les bas-fonds de la séduction de Nicole Kidman. Je n’oublie pas Macy Gray en domestique de la famille des deux frères, que j’ai beaucoup appréciée dans ce personnage, et qui fait de surcroît la voix-off du film (enfin une voix-off intéressante).

 

La musique ajoute au rythme du film, en accord avec la chaleur étouffante.

 

Trois choses m’ont touchée dans ce film, deux étant liées l’une à l’autre.

Ce qui d’une part est très bien transmis dans ce long-métrage (qui peut certainement s’expliquer par les origines afro-américaines du réalisateur, ces sujets lui tenant probablement à cœur ?), ce sont les tensions raciales, les dérapages pouvant arriver au quart de tour, et la violence sous-jacente liée à cette période d’émergence des Civil Rights.

D’autre part, j’ai apprécié la relation entre les frères Jansen et Anita, la bonne, et plus particulièrement avec le benjamin. L’attachement très fort qui se sent entre ces deux personnages, malgré une forte tension provoquée par le jeune homme, est symbolique à mon sens de la subtilité sans doute ingérable des sentiments ambivalents qu’ont pu ressentir nombre de blancs et de noirs entre eux dans le Sud des Etats-Unis.

Enfin, l’aveuglement des sens du jeune Jack face à Charlotte est d’autant plus crédible qu’il ne l’est pas objectivement quand on découvre le personnage de Charlotte, et dans la réalité, il laisserait certainement beaucoup de « traces » aussi.

 

C’est certain, le réalisateur ne souhaite pas, avec ce film en eaux plus que troubles, se faire aimer.

Les moyens sont très contestables (surtout cette violence et vulgarité omniprésentes, seulement interdit aux moins de 12 ans??!) mais l’ambivalence des êtres y est plutôt finement montrée, ainsi que certains problèmes américains malheureusement toujours…d’actualité.

 

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Published by Claire
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commentaires

dasola 30/10/2012 21:46

Bonsoir Claire, je n'ai pas fait de billet sur ce film devant lequel j'ai beaucoup souffert: c'est violent et vulgaire, crapoteux. John Cusak m'a tétanisée. En revanche, je regrette aussi que le
thème du racisme n'ait pas été plus développé par le réalisateur. Et le personnage de la bonne donne de l'humanité à cette histoire peuplée de monstres. Bonne soirée.

Claire 30/10/2012 21:54



Moi aussi j'ai bien souffert...!



CHRISTOPHE LEFEVRE 26/10/2012 15:31

Matthew McConaughey est un habitué de ce genre de film, je pense (voir le récent Killer Joe). Quant à savoir si le racisme fait partie de l'ADN de l'Amérique (voir le précédent commentaire, citant
Jim Morrison)... Je ne sais pas. Je ne sais pas si une nation, un peuple, une culture, échappe à ce fléau. Je crois plutôt que le racisme fait partie de l'ADN humain. Il y a eu des comportements
scandaleux ces dernières années en Italie, sur les stades de foot. Le néonazisme est bien implanté dans les pays nordiques. La France n'a de leçon a donner à personne. En Asie, en Afrique, il
existe des rivalités ethniques terribles. Donc...

Claire 26/10/2012 20:03



Je vois tout à fait ce que tu veux dire et tu as raison pour le racisme et les rivalités entre personnes et ethnies partout dans le monde! (le religieux s'en mêle aussi énormément) 
Tu parles d'Italie, et j'ai en effet bien ressenti cela en en y vivant. Le film 'La bella gente' montre cela aussi.
Cependant, pour les Etats-Unis, c'est peut-être un peu particulier quand même, et même des américains m'ont assuré de cela.
Ce qui est terrible, c'est que ce ne sont PRESQUE QUE des personnes venant d'ailleurs à l'origine (il faut voir le sort que les amérindiens ont subi et subissent, autre débat...que tu
abordes sous un certain angle avec le documentaire The Silent Ennemy!).
Certes, cette notion de 'melting pot' apparaît comme magnifique et les Etats-Unis restent pour nombre d'immigrés une 'chance' encore aujourd'hui, mais elle a ses limites...



JEA 25/10/2012 08:08

"certains problèmes américains malheureusement toujours…d’actualité..."
Toni Morrison :
- "le racisme fait partie de l'ADN des USA"

Claire 25/10/2012 21:34



Le racisme et la violence oui...c'est sûr!



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