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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 17:35



Festival de printemps de Christoblog

Comme je l'ai indiqué dans mon précédent post, l'ambiance de la salle était peu propice pour une appréciation "attentive" du film, et la VF m'a fait peur, surtout au départ.

J'ai tenu à ne pas lire de critiques ou de commentaires approfondis sur ce film (y compris sur le blog) afin de ne pas être influencée pour écrire ce qui suit.


La bande annonce n'avait à mon sens pas laissé présager un tel film. Assez bien faite, elle comportait suffisamment peu de paroles pour maintenir le futur spectateur dans le flou, tout en lui offrant un aperçu plutôt attrayant et laissant supposer un contenu riche, voire profond. Il est assez désagréable, dans ce cas, d'avoir la sensation a posteriori d'avoir été floué.


Sur la forme, si l'on fait exception des nombreuses répétitions qui peuvent lasser (plans de la lumière ou du soleil à travers les feuilles ou arbres, encore et toujours, jeux de rideaux ou tissus, algues, chevelure de la mère, etc), on ne peut nier l'originalité du cinéaste et son regard particulier.
Certains aspects des relations familiales sont ainsi très bien observés et filmés avec finesse, notamment entre les deux frères aînés. La vision du père et de la mère par le fils aîné oscille également sans relâche (grâce à des plans plus ou moins rapprochés des personnages) entre admiration, crainte, adoration, impuissance, incompréhension, amour et haine.
La palette des couleurs semble toujours arriver à épuisement et pourtant de nouvelles images viennent la compléter.
La beauté de la mère et sa grâce sont en permanence soulignées, laissant à penser - peut-être à tort - à une idéalisation complète de la part du réalisateur.

La musique est belle, mais associée aux voix off et à une religiosité plus qu'à une spiritualité, devient rapidement pesante.


Le jeu des acteurs est inégal.
Brad Pitt réussit à tenir ce rôle avec justesse, entre père exigeant, autoritaire voire violent, et homme se débattant avec des échecs professionnels mais voulant toujours rester digne et droit face à sa famille. Sean Penn est, surprise, presque absent de son rôle, l'air ennuyé comme s'il ne savait pas très bien pourquoi il s'y trouve. Jessica Chastain colle tellement à ce rôle de mère gracieuse, effacée, qu'elle en devient parfois évanescente. Les frères sont convaincants, surtout l'aîné quand sa haine aux relents de violence couve dangereusement.


Sur le fond, le film est "nébuleux".

Le nombre d'images (magnifiques, certes) du cosmos, de la planète, des organismes vivants était quasi incalculable et occupait une grande partie de la durée du film. Cependant, dans ces proportions, à quel titre ces images avaient-elles leur place dans un film de fiction? La magie - et la liberté - du cinéma est certes aussi de pouvoir montrer l'inhabituel, l'extraordinaire mais ces derniers doivent être soigneusement encadrés et justifiés pour donner au spectateur une chance de les suivre en dehors du cadre d'un documentaire!

Peut-être cette interprétation est tout à fait fantaisiste, mais est montrée dans le film une grande partie des étapes de la Genèse, comme si, partant de cette épreuve du deuil de la perte d'un fils pour la mère et d'un plus jeune frère, le fils aîné devenu adulte déroulait le fil qui relie la nuit des temps jusqu'à son époque. Tout cela pour arriver à une acceptation des évènements, une stabilisation de la douleur, en se frayant un chemin vers la compréhension et la foi.

La présence de dinosaures, comme "(super)posés" au milieu des immenses étendues, m'a interloquée. Il est fait mention dans la Bible de grands animaux, mais je ne sais pas si le débat ou les interprétations sont réellement tranchés quant au fait de savoir s'ils sont des dinosaures? Simple remarque pour des images...incongrues.

Quant à la fin, sur cette plage aux allures de paradis pour personnes errantes (ou d'antichambre d'attente??) où tous se retrouvent et sourient, il est aisé de "décrocher".

Le film dans sa globalité est trop long, une demi-heure en moins et déjà cela aurait évité une partie des soupirs de soulagement et des départs impatients quand le générique de fin est apparu à l'écran.

Le cinéma peut constituer un moyen d'expression des croyances et de la foi, qui doivent être respectées, mais une fois de plus, encore faut-il fournir les moyens au spectateur de les appréhender tout en laissant une porte ouverte au recul, à la réflexion personnelle.


Ce film a des qualités mais il laisse perplexe quant aux intentions de son auteur, et n'emporte donc ni l'émotion, ni la réflexion peut-être souhaitée, faute de profondeur.
Qui trop embrasse, mal étreint.

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Published by Claire
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commentaires

Faba 11/07/2011 16:38

Je dois avouer avoir été déçue par ce film. Pour moi il a davantage valeur de "vidéo d'artiste", plus que de long métrage. J'ai trouvé le début splendide, celui-ci donne le "ton" d'un point de vue du rythme, de la lumière et de la plasticité des images. Mais Malick se perd en expérimentations douteuses. Dans le même genre, la fille Coppola fait mieux (en plus construit et rigoureux).
Je me suis ennuyée, j'ai trouvé la fin très longue, répétitive, hésitante et les acteurs mal dirigés. Le message new age très "chrétien" est trop éloigné de notre culture pour ne pas me sembler appuyé et décalé. Parfois même risible (de mon point de vue)...

Bob Morane 28/05/2011 08:20

Je crois bien que tout le dialogue du film se trouve dans la bande annonce :) Ce n'est pas une demli heure de trop mais une heure ou plus. Ce film est abject de prétentieux, de religiosité dans le mauvais sens du terme. Encore un voleur de palme qu'il n'aurait jamais du recevoir... beurk !

Roxane 26/05/2011 17:57

Personnellement, je trouve que ce film est un atrap'bourgeois, de la bobocitude du début jusqu'à la fin! Comme si Malick avait voulu volontairement piéger tous ces prétentieux!
Voilà mon impression lorsque je suis sortie de la salle... Quelle dommage!
Et pourtant ça aurait pu être tellement chouette!

Claire 23/05/2011 22:26

Novak, quel honneur d'avoir un commentaire sur mon petit blog!
Ils peuvent dire tout ce qu'ils veulent (ah c'est facile de caresser dans le sens de la palme), cette histoire de dinosaures, ça commence à me fatiguer. Un acte de GRACE...non mais... j'aurais bien aimé les voir moi, à l'époque du crétacé!!
Je reconnais de belles qualités au film mais enfin quand même, drôle de Palme.
Ce qu'il y a de bien, c'est que chaque année, on nourrit à nouveau l'espoir que ça va être mieux!

Novak 23/05/2011 18:18

On retrouvera dans la fresque historique toutes les étapes classiques enseignées à l'école primaire (création de la terre, des ocean, dinosaures, fin des dino) dans un melange new age d'images parfois magnifiques parfois douteuses (le noyau cellulaire)

Tout cela rappelle les raccourcis faciles du clip de Fatboy Slim, l'humour en moins.


N'est il pas antithétique de souligner la beauté de la nature
en utilisant des effets 3D visiblement post processé ?


La répétition de chaque scène (elle sont toutes refaites trois fois) ne va pas de paire avec la clarté du propos : Nous étions 8 et nous n’étions pas d'accord pour savoir quel fils était mort !

Pour finir sur une note positive, les première minutes du films (qui se trouvent aussi être la bande annonce) sont magnifiques.

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