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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 21:25

Un petit post pour vous souhaiter à tous une très bonne année 2013!

 

Merci beaucoup pour vos visites fréquentes et tous vos commentaires!

 

Malgré la morosité ambiante (ressentie dans bien des films récemment), malgré les difficultés de tous et de chacun en particulier, malgré ce temps qui nous glisse entre les doigts et nous empêche souvent de dire ou faire les choses les plus importantes, je pense que 2013 sera porteur de bonnes et peut-être même de meilleures choses que 2012!

 

Et puis il y aura comme toujours ces "grandes" petites choses de la vie qui souvent deviennent des moments magiques de cinéma et nous émeuvent parce qu'ils nous parlent au-delà des mots, des langues, des cultures, des histoires.

 

Parmi tant d'autres, je pense à Nelly et M. Arnaud lorsque Michel Serrault est assis en silence près du lit d'Emmanuelle Béart endormie.

 

nelly-monsieur-arnaud 

Je songe aussi à la petite fille qui écoute les oiseaux chanter et le lait de la papaye tomber sur les feuilles dans L'odeur de la papaye verte.

 

odeur-papaye-verte 

Je me rappelle encore du rire et du regard espiègle du petit Salvatore dans l'inoubliable Cinema Paradiso.

 

cinemaparadisobdcap2 original 

 

Alors, en ce début d'année, je me disais que j'aimerais beaucoup que vous, commentateurs fidèles, lecteurs assidus, visiteurs au hasard de la toile, mais toujours cinéphiles dans l'âme, me parliez de "vos" moments de cinéma! :)

 

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 09:56

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Vu dans le cadre du Festival des Festivals

 

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Dès les premières minutes de ce film, le spectateur est « mis au parfum » quant au grain de l’image et à la façon de filmer (très mouvante diront certains, désordonnée voire fatigante diront d’autres). Je comprends que cela puisse déplaire.

C’est un parti-pris comme un autre, on s’y habitue si on se laisse prendre à l’histoire.

 

Je crois que je m’y suis habituée du fait que c’était un conte, même si son souvenir n'en sera pas impérissable.

 

L’histoire est la suivante : Hushpuppy, 6 ans, vit dans le bayou avec son père. Brusquement, la nature s’emballe, la température monte, les glaciers fondent, libérant une armée d’aurochs. Avec la montée des eaux, l’irruption des aurochs et la santé de son père qui décline, Hushpuppy décide de partir à la recherche de sa mère disparue.

 

La petite fille qui joue le rôle principal est très mignonne, on dirait un petit garçon tant elle est dégourdie (ajout pour B. qui se reconnaîtra: elle est très dégourdie ET on dirait un petit garçon, tu l'as cherché!^^). Sa voix est celle du film, elle le rythme par son accent traînant du Sud des Etats-Unis.

Son air de « caïd » peut fatiguer à la longue, mais je trouve tout de même relevé le défi délicat de diriger une petite fille de manière si animale.

 

Il y a de belles lumières, et un travail de qualité sur le son pour les échos de la nature sauvage.

 

 

Ce film est une métaphore des faibles contre les puissants, du pot de terre contre le pot de fer, du petit animal contre le plus gros, une métaphore de la difficulté de vivre face à l’inhumain. C’est aussi la nature et ses forces, ainsi que la fragilité et la violence des adultes, vues à travers les yeux et les oreilles d’une enfant.

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 09:41

tabou.jpg

Vu dans le cadre du Festival des Festivals

 

FestFest1.jpg 

Ce film de Michel Gomes, c’est tout d’abord un beau format : 4/3. Et aussi une « couleur » : le noir et blanc.

 

Il débute par des images faisant penser à des films du début du siècle dernier, un peu saccadées. A ce moment-là, j’ai pensé (presque à mon insu) que j’allais trouver ce film un peu long.

Un explorateur enjambant militairement des herbes de savane, une jeune femme défunte lui apparaissant, le désespoir de l’explorateur se jetant dans l’eau et des Africains dansant en cercle. Dès ces premières images, le film est fortement connoté, ancré dans une certaine vision du monde, où je ne me suis pas sentie à l’aise.

 

Ce film, c’est ensuite une musique, une partition de piano (Joana Sà) entêtante, géniale, collant parfaitement à ce film souvent muet, qu’elle débute et termine.

C’est aussi une version de 'Be My Baby', en espagnol avec un fort accent américain. L’empreinte de l’Occident est perceptible à beaucoup de niveaux dans ce long-métrage.

 

Découpé en deux parties, deux époques qui s’entremêlent au gré du film.

La première, Paraiso Perdido, c’est le présent se déroulant à Lisbonne. Y gravitent une vieille dame blanche et sa ‘servante’ noire, ainsi qu’une voisine pleine d’empathie (j’ai trouvé l’actrice très convaincante).

La seconde, le passé appelé Paraiso, se situe en Afrique. Une Afrique « coloniale », où il fait chaud et humide, où les alligators s’élèvent et se gardent par caprice étrange, où passent de long en large sur l’écran des noirs portant les coffres des blancs, les servant, courant après les voitures, attrapant les alligators, des noirs réduits à l’image car réduits au silence. Une Afrique où la vieille dame blanche était jeune, une Afrique où elle a aimé.

 

C’est l’histoire d’un amour impossible, contrarié, qui comme tout amour impossible laissera une empreinte indélébile. Ce sera ici une empreinte de mort, de culpabilité, de péché qui doit être expié.

 

Je suis sortie un peu gênée de ce film qui déjà dans la bande-annonce était littéralement « porté » par la critique.

 

Formellement, je n’ai rien à dire, il ressemble à un chef d’œuvre. Le noir et blanc est utilisé à la perfection (surtout dans Paraiso Perdido), il rend émotion, amertume, carnations plus vraies que nature. La vapeur du fer à repasser ou la fumée des cigarettes ont rarement été aussi sublimées.

La scène de la rencontre est parfaite, silencieuse, tendue. Celle d’amour, accompagnée d’une question magnifique, l’est tout autant, présageant du pire. Enfin, celle du vieil homme et de ses larmes dans la voiture nous montre que malgré le temps, le souvenir de l’amour est intact dans le regard.

 

J’ai lu à plusieurs reprises que l’Afrique qui y était montrée était comme une contrée imaginaire et que par conséquent le racisme pourtant évident, suintant dans la plupart des scènes, en était presque désagrégé, perdant de sa consistance. J’ai du mal à accepter cette vision des choses. De plus, la contrée imaginaire a rattrapé le présent de Lisbonne dans ce film, et la dame noire (j’ai apprécié l’interprétation de l’actrice) plie sous le joug de sa couleur, bien qu’elle soutienne dignement le regard de sa patronne chez qui elle évoque le châtiment du passé.

 

Le film est un peu à l’image de cet alligator qui s’échappe, toujours rattrapé par le caprice de sa propriétaire, mais qui ne pourra jamais être totalement maîtrisé. Inquiétant, glissant, sombre, teinté d’amertume.

Un film difficile à raconter, à décrire, tant il fourmille d’éléments, tant il est chargé de références, et au fond, d’une Histoire jamais complètement ensevelie sous la fiction.

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 08:17

Cette jeune poétesse, assez méconnue (hélas!), aimait beaucoup le cinéma. Elle l'a connu à ses débuts. Un cinéma que nous n'avons pas connu, mais qui ne s'est pas départi de sa magie!

 

LE CINÉMA (extraits)

 

(Pour un vieux Monsieur qui ne comprend pas le cinéma)

 

Trou d’ombre. Grotte obscure, ou l’on sent, vaguement,

Bouger des êtres. La pâleur de l’écran nu

Comme une baie ouverte, au fond, sur l’inconnu…

Musique en sourdine — tiédeur — chuchotements —

Odeur de mandarine,

 De sucre d’orge et d’amandes grillées.

 Attente — carillon d’un timbre qui s’obstine —

 Petite danse de lueurs éparpillées.

 

Puis, coup de soleil brusque. Le mystère

 De ce carré de neige s’animant.

 Floraisons de jardins, pics, fleuves, coins charmants,

     Coins tragiques, villes, forêts, la vaste terre…

     La vaste terre, et le ciel vaste, et la magie

     De visages parlant des yeux, des lèvres,

     Sans la voix.

 

   Gestes précis — calme — énergie

   Ou nerfs qui cèdent — Fièvres —

Bonheurs et désespoirs — Des paroles, pourquoi ?

   Un sourire, une larme,

   Un battement de cils…

L’émotion n’est pas dans le vacarme.

   Une ligne, des points… voici le fil

   Du roman triste ou gai qui se déroule.

 

 Aimes-tu voir les hommes s’agiter ?

    Assis, tu regardes la foule.

Aimes-tu le désert ? Tu le parcours, l’été,

Sous un torrent de feu, sans autre peine

Que de laisser pour toi marcher les sables… Plaines,

Montagnes, mers, te livrent leurs secrets —

    Et le pôle est si près

Que Nanouk l’Esquimau t’accueille en frère ;

    Et la jungle est si près

Que tu t’en vas avec le chasseur de panthères…

Ô beaux voyages que jamais tu ne ferais !

…………………………………

Vois, des fleurs s’ouvrent, des oiseaux t’invitent, vois :

Aux vergers d’Aladin s’emplissent des paniers…

Cueille des rêves, toi qui fus un prisonnier !

 Ainsi qu’une arche de porphyre,

 La muraille s’écarte… Évade-toi !

Il pleut — ou le vent souffle sur le toit,

Ou c’est juillet qui brûle, ou, dans la rue,

C’est trop dimanche avec trop de gens qui bavardent —

Viens dans ce petit coin merveilleux et regarde…

……………………………………………

 

    Ici, l’heure vécue,

Même terrible – tous les drames sont possibles ! –

    N’est qu’à demi terrible,

    Et te voilà, comme les tout-petits,

    Riant, toi qui pleurais… Tu ris,

Toi, vieux, comme les écoliers que rien n’étonne.

 

Charlie est là…Charlie ! Et Keaton, et Fatty,

    Et pour ce bon rire, conquis

Sur toi-même, c’est le meilleur d’eux-mêmes

    Qu’ils te donnent.

 

Art muet, soit… N’ajoute rien. Tu l’aimes,

Tu l’aimeras, quoi que tu dises, l’art vivant

Qui t’offre son visage neuf et son langage,

Ses ralentis, ses raccourcis, tous ses mirages,

Tous ses décors mouvants…

Près de ces gens qui, dans l’ombre, s’effacent,

Viens seulement t’asseoir, veux-tu, sans parti pris ?

De la nuit d’une salle étroite, aux longs murs gris,

Regarde ce miracle : un film qui passe…

 

 

Sabine SICAUD, Poèmes d’enfants (Les Cahiers de France, 1926)

poétesse française (1913-1928)


Comme écrire cela à 13 ans?

 

 

Un autre extrait de poème :

… J’attends – comme le font derrière la fenêtre
Le vieil arbre sans geste et le pinson muet…
Une goutte d’eau pure, un peu de vent, qui sait?
Qu’attendent-ils? Nous l’attendrons ensemble.
Le soleil leur a dit qu’il reviendrait, peut-être…

 

 

Le poème dans son intégralité (sur un beau site qui lui est entièrement consacré): Vous parler?

      

 

Restez au chaud!

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 07:45

Apres-mai.jpg 

Vu dans le cadre du Festival des Festivals

 

FestFest1.jpg


La bande annonce ne m’attirait pas vraiment, mais je m’étais dit qu’un éclairage sur cette période post-68 que je connais très peu (pour ne pas dire du tout) pouvait être intéressant.

 

Mais mis à part quelques rares plans agréables esthétiquement, je n’ai pas du tout été emballée par ce film.

 

La diction des acteurs – Lola Créton caracolant seins nus en tête (il faudra qu’on m’explique pourquoi c’est récurrent avec cette actrice !?) – y est d’un manque de naturel épouvantable (on dirait parfois que les personnes ne comprennent pas ce qu’ils récitent), je n’arrive pas à comprendre si et comment cela peut constituer le parti-pris conscient d’un réalisateur lorsqu’il fait un film.

 

Le récit des événements et la présentation des groupuscules aux revendications qui demeurent somme toute relativement obscures au spectateur ne présentent pas d’intérêt majeur, et le film durant tout de même deux heures a provoqué chez moi de fréquents bâillements…

 

Pourtant l’idée de ce personnage principal, qui hésite entre s’engager dans des luttes auxquelles il n’adhère pas vraiment ou avoir le courage d’assumer un destin comportant moins d’idéaux et davantage de souffrances, était intéressante et j’aurais aimé la voir traitée différemment.

 

Restent quelques images fortes, comme celle avant et suite à l’avortement de la jeune américaine rousse, ou encore les scènes dans lesquelles la jeune fille droguée évolue.

 

Mais Après mai… j’oublierai.

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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 21:24

Amour.jpg

 

Vu dans le cadre du Festival des Festivals

 

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Après avoir vu entre autres La pianiste ou Le ruban blanc, j’ai eu la sensation pendant la projection d’Amour d’un Haneke assagi.

 

Le film m’a laissé une drôle de sensation, un petit goût d’amertume froide.

 

Je ne peux pas dire qu’il m’ait laissée totalement insensible, j’ai même apprécié quelques belles scènes, qui allaient bien au-delà des images, plongeant entre rêve et cauchemar, oscillant entre poésie et cruauté. Je pense notamment aux scènes du pigeon et du rêve.

 

Il s’agit de l’histoire d’un couple de personnes âgées dont la femme a une attaque cérébrale et reste suite à cet épisode paralysée d’un côté. Le film suit l’évolution de leurs relations.

 

On ne peut nier la violence psychologique des images de ce couple qui se replie sur lui-même, entre indifférence au monde extérieur et souffrance du lien qui hésite paradoxalement entre délitement et renforcement.

 

La diction des personnages est peu agréable même si au fil du film on finit par s’y habituer (non, ce n’est pas aussi irritant qu’Après mai ou Un amour de jeunesse).

Les deux acteurs principaux (Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva) s’équilibrent dans leur performance.

Nous ne sommes de toute façon définitivement pas dans n’importe quel milieu et le film nous le fait intégrer rapidement. Difficile par conséquent sans doute pour beaucoup de s’y identifier !

Pourtant, dépassant la culture et une certaine délicatesse, le film distille minute après minute la vieillesse, la maladie, la souffrance physique et psychologique.

 

Le film reste pudique, à l’image de la dignité d’Anne. Il se fait patient et éprouvant, à la mesure de l’attachement de Georges.

Mais comme pour presque tous les films du réalisateur, leur froideur me frappe et me freine à chaque fois, et l’empathie s’éloigne.

 

Le rôle d’Isabelle Huppert, fille du couple, mélange incohérent d’indifférence égoïste et d’hystérie soudaine, est désagréable et n’apporte selon moi pas grand-chose au film.

 

Je me demande ce qu’ont pu ressentir les deux acteurs principaux dans ces rôles dépouillés et qui ont dû les renvoyer à leur propre vieillesse et à l’incertitude de leur fin.

 

La fin du film, qui nous ramène au début, à laquelle on s’attend et qui pourtant m’a prise au dépourvu, est plutôt réussie (si je puis dire…). Enfin, les longues dernières minutes de plans de l’appartement clôturent l’histoire, avec une froideur maîtrisée, à l’image du film.

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 22:31

 

Cesar-doit-mourir.jpg

 

Vu dans le cadre du Festival des Festivals

FestFest1.jpg
 

Une bonne surprise que ce film, qui a reçu l’Ours d’Or au 62ème festival de Berlin.

 

Un long-métrage court (à partir de 60 minutes on est dans la catégorie du long-métrage !), on en perdrait presque l’habitude ! A part pour David Lynch, Nuri Bilge Ceylan, et quelques rares autres, je trouve les longueurs des films actuels difficilement gérables.

1h15, c’est un format très agréable qui ne laisse pas le temps de s’ennuyer, qui concentre le propos.

 

Je suis en train de lire la tragédie dont le film est librement inspiré, « Jules César » de Shakespeare. Je suis frappée par l’aspect actuel (ou bien serait-ce intemporel?) de celle-ci (que dire d’une réplique comme : « Siècle, tu es déshonoré ! Rome, tu as perdu la race des nobles courages ! Quel siècle s’est écoulé depuis le grand déluge, qui ne se soit enorgueilli que d’un seul homme ? »), et je comprends d’autant plus qu’elle ait été réadaptée, après 3 autres films (en 1908, par J. Stuart Blackton et William V. Ranous, avec Charles Kent, en 1950 par David Bradley, avec Charlton Heston et en 1953 par Joseph Leo Mankiewicz, avec l’inimitable Marlon Brando).

 

Les frères Taviani (Paolo et Vittorio) sont des réalisateurs et scénaristes toscans nés en 1929 et 1931 (pas de la dernière pluie donc !). Ils cosignent tous leurs films, et comme l’un d’entre eux l’indiquait dans une interview à Cannes à propos de la répartition du travail de chacun, « Nous sommes comme le café au lait... Impossible de dire où finit le café et où commence le lait ! »

 

Le film raconte la mise en scène de la pièce de William Shakespeare, par les détenus d'un quartier de haute sécurité de la prison de Rebibbia, à Rome, dont les portraits se résument de façon marquante au lieu d’origine et aux délits et crimes commis (nous n’avons pas affaire à des amateurs !).

 

Au début du film, la fin de la représentation est montrée, en couleur, et se termine sous les applaudissements des spectateurs venus y assister.

Toutes les répétitions sont par contre filmées en noir et blanc, un très beau noir et blanc, dans un décor carcéral qui s’y prête particulièrement bien.

 

On perd assez vite nos repères quant à ce qui est de l’ordre du réel et de la fiction. Les rapports entre les prisonniers ainsi que ces derniers s’imprègnent de leurs rôles. Difficile de toujours repérer ce qui relève de la mise en scène et ce qui se déclenche spontanément entre les prisonniers.

 

L’idée de les faire réciter dans leurs dialectes est très plaisante, donnant lieu à de savoureux échanges avec des accents très marqués.

Ce sont par ailleurs les détenus eux-mêmes qui ont traduit la pièce dans leurs dialectes respectifs.

J’ai pourtant eu l’impression qu’au fur et à mesure des répétitions, les dialectes s’effaçaient un peu au profit d’une langue plus harmonisée, ce qui serait intéressant en parallèle de l’avancée de la pièce, où les rapports entre les personnages sont de plus en plus tendus.

 

On se demande avec une certaine appréhension ce qu’est devenue la vie de ces détenus (à part l’un d’entre eux qui est devenu acteur… !) purgeant tous de longues peines, depuis le film. L’un d’eux dit à la fin : « Depuis que j’ai découvert l’art, ma cellule est devenue une prison ». Théâtre de l’enfermement dans l’enfermement, ce film montre aussi un élan vers une théâtralité maîtrisée que, décidément, les italiens ont dans le sang.

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 22:58

Paperboy.jpg

 

Vu dans le cadre du Festival des Festivals

 

FestFest1.jpg

 

Décidément je sens que son organisateur ne va pas m’épargner dans ce Festival ! ;)

 

La première image qui me vient à l’esprit est celle de l’actrice Nicole Kidman. Je ne peux rivaliser avec l’expression du même Christoblog à son sujet, donc je la cite : « vulgaire à en crever ». C’est tout à fait ça. A chaque fois qu’elle réapparaissait à l’écran, ça me sautait aux yeux. Côté performance donc, rien à dire, mais en même temps, elle est refaite à mort ! Comme disent nos amis américains : « Oh my God ! ». Je ne l’avais pas vue depuis un moment, quel choc.

 

L’histoire (merci le synopsis Allociné) est la suivante, inspirée d’un fait divers.

1969, Lately, Floride. Ward Jansen, reporter au Miami Times, revient dans sa ville natale, accompagné de son partenaire d’écriture Yardley Acheman. Venus à la demande de Charlotte, femme énigmatique qui entretient une correspondance avec des détenus dans le couloir de la mort, ils vont enquêter sur le cas Hillary Van Wetter, un chasseur d’alligators qui risque d’être exécuté sans preuves concluantes. Persuadés de tenir l’article qui relancera leur carrière, ils sillonnent la région, conduits par Jack Jansen, le jeune frère de Ward, livreur du journal local à ses heures perdues. Fasciné par la troublante Charlotte, Jack les emmène de la prison de Moat County jusqu’aux marais, où les secrets se font de plus en plus lourds. L’enquête avance au cœur de cette Floride moite et écrasante, et révèle que parfois, la poursuite de la vérité peut être source de bien des maux…

 

On entre dans le film comme dans la moiteur des lieux, immédiatement, dans une scène  réussie avec l’actrice Macy Gray (à la voix et à l’accent inimitables), et on en ressort un peu moins de 2h plus tard, lessivés comme si on avait passé le temps du film dans ces marais floridiens avec un alligator aux fesses ou dans un cauchemar kidmanien (ou bien les deux en même temps).

 

Pour aller droit au but : ce film est malsain bien comme il faut, trash, violent, vulgaire (thanks again to our friend Nicole for most of it), très sexuel. Je crois que cela fait déjà une bonne liste, je vais pour l’heure m’arrêter là.

 

Je dois néanmoins dire, presque à contrecœur compte tenu de la liste qui précède, que je l’ai trouvé bien fait, bien mené, certainement inspiré par certains de ses protagonistes, qui donnent littéralement la chair de poule.

 

Le film a été tourné en Louisiane, près de la Nouvelle Orléans, et on croit sans peine à ces rencontres angoissantes dans le bayou.

 

Le casting est réussi, que ce soit le rôle abominable de John Cusack, celui très ambigu et difficile de Matthew McConaughey (j’aime beaucoup cet acteur), celui de Zac Efron (un peu trop mis en avant ‘plastiquement’ ?), celui double de David Oyelowo, ou encore le rôle dans les bas-fonds de la séduction de Nicole Kidman. Je n’oublie pas Macy Gray en domestique de la famille des deux frères, que j’ai beaucoup appréciée dans ce personnage, et qui fait de surcroît la voix-off du film (enfin une voix-off intéressante).

 

La musique ajoute au rythme du film, en accord avec la chaleur étouffante.

 

Trois choses m’ont touchée dans ce film, deux étant liées l’une à l’autre.

Ce qui d’une part est très bien transmis dans ce long-métrage (qui peut certainement s’expliquer par les origines afro-américaines du réalisateur, ces sujets lui tenant probablement à cœur ?), ce sont les tensions raciales, les dérapages pouvant arriver au quart de tour, et la violence sous-jacente liée à cette période d’émergence des Civil Rights.

D’autre part, j’ai apprécié la relation entre les frères Jansen et Anita, la bonne, et plus particulièrement avec le benjamin. L’attachement très fort qui se sent entre ces deux personnages, malgré une forte tension provoquée par le jeune homme, est symbolique à mon sens de la subtilité sans doute ingérable des sentiments ambivalents qu’ont pu ressentir nombre de blancs et de noirs entre eux dans le Sud des Etats-Unis.

Enfin, l’aveuglement des sens du jeune Jack face à Charlotte est d’autant plus crédible qu’il ne l’est pas objectivement quand on découvre le personnage de Charlotte, et dans la réalité, il laisserait certainement beaucoup de « traces » aussi.

 

C’est certain, le réalisateur ne souhaite pas, avec ce film en eaux plus que troubles, se faire aimer.

Les moyens sont très contestables (surtout cette violence et vulgarité omniprésentes, seulement interdit aux moins de 12 ans??!) mais l’ambivalence des êtres y est plutôt finement montrée, ainsi que certains problèmes américains malheureusement toujours…d’actualité.

 

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 19:02

Ombline

Ombline, c’est l’histoire d’une jeune femme de 31 ans qui est incarcérée suite à une violente agression. Ce n’est qu’un peu plus tard, en prison, qu’elle apprend qu’elle est enceinte. Le bébé naîtra, et Ombline le gardera avec elle au sein de la prison le temps « légal ».

     

En effet, en France, le Code de procédure pénale prévoit que les femmes accouchant en prison peuvent garder leur enfant auprès d’elles jusqu’à l’âge de 18 mois.

       

Tourné à Toulouse, ce film a pour décor la prison Saint-Michel, construite au 19ème siècle et désaffectée depuis 2009.

 

Le film, c’est déjà ce lourd départ et constat, et puis c’est aussi l’avenir à envisager, suite à ces 18 mois.

   

J’ai beaucoup aimé ce film. J’ai tout d’abord trouvé excellente l’interprétation des personnages: Mélanie Thierry, au premier plan, que je n’avais jusqu’alors pas trop appréciée, est étonnante de réalisme dans ce rôle de jeune femme plutôt violente, totalement sans apprêts, mais évoluant grâce à son enfant. Les scènes avec l’enfant sont surprenantes de justesse (ce qui ne devait pas être évident). Les seconds rôles ont aussi une belle place, avec entre autres une Corinne Masiero co-détenue plus écorchée que jamais (je me demande si un jour je la verrai dans d’autres rôles, plus apaisés, ce serait intéressant !), une Nathalie Bécue (comédienne de théâtre également) que je ne connais pas mais qui m’a convaincue en surveillante de prison, et enfin une autre jeune autre maman qui est à la nursery avec Ombline (je n’arrive pas à trouver son nom).    

J’ai ensuite beaucoup aimé les lumières et la photographie de ce film, les plans resserrés sur les visages. 

 

Les règles dans la prison, si elles sont quelque peu « assouplies » pour les mères, n’en restent pas moins d’une dureté et d'une violence bien souvent insoutenables, très bien filmées également. 

L'accueil du film par les détenues (exemple à Fleury Mérogis) témoigne du réalisme de cette fiction, sur un thème utile et très peu abordé. En ce sens, le jeune réalisateur, Stéphane Cazes, doit être félicité et encouragé!    

 

L’espoir se situe au niveau de l’engagement de ces mères vis-à-vis de leurs enfants, des montagnes de courage que cela génère en elles, et des quelques échappatoires de partage ou de reconstruction, tels l'atelier pour le spectacle (couture, etc).    

J'ai aussi découvert par le biais de cette fiction l'existence de ces familles d'accueil, et si bien évidemment la réalité n'est JAMAIS rose, j'ai envie de penser que cela peut considérablement aider à la fois les enfants et leurs mères.    

J'ai trouvé enfin très touchantes les scènes de lecture par Ombline de l'Arche de Noé à son petit Lucas, qui prenaient plus de poids au fur et à mesure du film, montrant l'image de l'avenir un jour à nouveau possible, annoncé symboliquement par le rameau d'olivier. 

 

Pour être tout à fait précise, je n'ai pas accroché à la toute fin avec le père. Dans sa globalité, le film est déjà très émouvant, poignant, beaucoup de personnes avaient les larmes aux yeux à la sortie. Par conséquent cette fin m'a semblé "en trop", car manquant de cohérence par rapport aux informations qui nous en avaient été données au cours du film.    

 

Un beau film à voir pour son sujet difficile et pour l'interprétation de Mélanie Thierry.

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 21:56

SADHU-AFFICHE.jpg

 

Grâce à mes super "antennes" suisses (qui se reconnaîtront^^), j’ai entendu parler de ce film du valaisan Gaël Metroz.

Il s’agit de son second long-métrage, après Nomad’s Land (sur les traces de Nicolas Bouvier) en 2008.

 

L’histoire est la suivante : Suraj Baba est un sâdhu, un saint homme hindou. Il a renoncé aux biens terrestres en se retirant vivre dans une grotte à 3000 mètres au cœur de l’Himalaya. Après huit ans d’isolement et de méditations, il prend le risque de s’exposer à nouveau au monde. Pendant la Kumbha Mela qui réunit tous les 12 ans plus de 70 millions de pèlerins, Suraj décide de rejoindre les autres sâdhus, avant de confirmer ses vœux de renonçant par un pèlerinage de plusieurs mois. Au fil de son périple initiatique, le mysticisme indien est balayé par la sincérité de ce sage. Un sage qui ne veut plus l’être.

 

Ce film, d’après les informations que j’ai recueillies auprès d'Urban Distribution, sortirait en France vers mai 2013.

 

Si vous avez eu la possibilité de le voir en Suisse, n’hésitez pas à me donner vos avis.

 

Et pour tous ceux que le film intéresse, ils trouveront une mine d’informations sur le site du film.

 

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