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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 19:36

Avis aux cinéphiles de l'Ouest!


Les 2e rencontres du cinéma indépendant se dérouleront samedi 20 octobre prochain à La-Roche-sur-Yon.

Au programme pendant ces journées, 4 films inédits soutenus par l'ACOR, l’Association des cinémas de l'ouest pour la recherche.

Pour en savoir plus, voici le lien du programme !

 

De plus, le lendemain, dimanche 21 octobre à 11h, se tiendra une conférence - qui devrait intéresser entre autres les blogueurs cinéphiles - intitulée :

                                          Serge Daney

                                          20 ans après

                                    la critique sur internet

 

Ces deux évènements sont ouverts au public et auront lieu au théâtre de La-Roche-sur-Yon.

 

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 07:35

Elle s'appelle Ruby     

Un mini post concernant ce film vu hier soir.

 

Après Little Miss Sunshine, qui ne m’avait pas transportée malgré les critiques fort enthousiastes, Jonathan Dayton (un clin d’œil à la ville d’origine de Ruby ?) et Valerie Faris ont de nouveau co-réalisé ce film et dirigé le couple à la ville que sont Paul Dano et Zoe Kazan (cette dernière ayant écrit le scénario).

Une histoire de couples en bref !

 

L’idée de départ (une sorte de Pygmalion des temps modernes) est très bonne : un personnage imaginé par l’écrivain à succès Calvin (en panne d’inspiration depuis son premier roman classé best-seller) prend vie sous ses yeux, et devient Ruby, sa petite amie rêvée.

 

Tourné dans des maisons d’architectes, et des panoramas enchanteurs de Californie du Sud, le film est un concentré de tout ce qu’on peut imaginer en matière de cinéma américain indépendant !

 

Les acteurs ne sont pas antipathiques (le duo principal, et le frère sont décalés et plutôt drôles), mais le film s’essouffle assez rapidement, manque virer au thriller pendant quelques instants (instants de trop à mon goût), et on attend la fin.

 

Avant de clore, la petite anecdote du chien qui fait de la dentelle avec un livre m’a fait sourire car rappelé fortement les agissements de mon chat en ce moment. Je ne souhaite y voir aucun message caché !

 

Restent quelques considérations sur le couple assez intéressantes, comme la limite en amour dans ce qu’on aimerait que l’autre soit.

On passe un petit moment plutôt divertissant et on en ressort sans traîner le film derrière nous comme un boulet de noirceur (en ce moment, il y en a !).

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 22:50

Despues-de-Lucia.jpg

NB: Ce qui suit dévoile des éléments de l’intrigue et ne saurait donc être lu avant de voir le film sans conséquences sur une potentielle rancœur à mon encontre (et à l’encontre du réalisateur pour d’autres raisons, mais s’agissant de cela je ne me sens pas responsable fort heureusement).

 

FestFest1.jpg

 

Ce film a reçu le Prix « Un certain regard » au Festival de Cannes.

Créée en 1978, cette section est le "off" de la sélection officielle où sont présentés des cinéastes confirmés et de nouveaux talents. Depuis 1998, un jury y attribue le Prix de la Fondation Gan pour le cinéma, ce qui, concrètement, signifie une aide à la distribution en France : 30 000 euros au distributeur français du film primé.

Pour mémoire, le lien des films qui étaient sélectionnés cette année, et également des films primés les précédentes années.

Le président du jury cette année était Tim Roth, qui ne m’est pas sympathique, mais dont je garde un bon souvenir entre autres dans « L’homme sans âge » de Francis Ford Coppola, et qui par ailleurs a suffisamment roulé sa bosse sur le grand écran pour ne plus le présenter.

 

Il s’agit du second film de Michel Franco, après « Daniel y Ana », que je n’ai pas vu, et à propos duquel j’avais suffisamment lu pour avoir trop de réticences pour me rendre à une séance.

 

Venons-en au film, vu en avant-première au MK2 Quai de Seine en présence du réalisateur et de la productrice.

 

« Despues de Lucia » (Après Lucia) est un beau titre, et les titres qui m’attirent me conduisent parfois sur des chemins sur lesquels je n’aurais pas nécessairement souhaité aller si j’avais su où ils me menaient.

 

Lucia, c’est la mère, et on comprend qu’elle est décédée dans un accident de voiture. Son mari et sa fille déménagent à Mexico suite à cet événement tragique, et c’est en quelque sorte à ce moment que le film débute. Nouveau travail pour le père, nouvelle école pour la fille, Alejandra. Les ennuis ne tardent pas pour cette dernière, qui va devenir le bouc émissaire de ses camarades (thème du bullying).

 

L’histoire est donc lourde dès le départ, dès la première scène je dirais même, et cette ambiance ne va non seulement pas aller en s’améliorant, mais elle va devenir d’une noirceur et d’une violence oppressantes à l’égard d’Alejandra. Ces dernières ne vont pas nous lâcher jusqu’au générique de fin.

 

Comme me l’a très justement signalé une dame assise à ma droite (ayant vécu au Mexique) après le film, le film montre une minorité blanche représentant 2% des habitants du Mexique et, comme le premier film du réalisateur, appartenant plus ou moins à la (haute) bourgeoisie. Cependant, les faits narrés auraient pu se dérouler n’importe où, et dans n’importe quel milieu.

 

J’ai mis un certain temps (un tiers du film peut-être) à m’habituer à ces plans larges, fixes, à ces couleurs qui me faisaient penser à un documentaire et ne me mettaient pas spécialement à l’aise, mais je ne peux pas dire que la manière de filmer m’ait déplu.  

 

Le comportement de ces adolescents est abject, et le déchaînement des filles, par son côté extrême, est assez réaliste.

J’ai éprouvé quelques difficultés à différencier certains des garçons, comme si le réalisateur avait choisi des physiques semblables pour semer le doute dans l’esprit du spectateur, ce qui ne m’a pas convaincue.

L’attitude d’Alejandra, qui semble au fil des scènes se résigner à ces violences de tous ordres qui lui sont faites, m’a profondément dérangée même si une fois de plus, elle ne manquait pas de réalisme eu égard à des situations semblables s’étant réellement produites.

Ce qui m’a posé problème, c’est le contraste entre d’une part cette résignation physique, et d’autre part l’instinct de survie et la maturité dont elle fait preuve pendant le film. Il y a quelque chose qui cloche, un manque de précision dans le récit ou les images, même si c’est difficile à décrire. Est-ce que cela a quelque chose à voir avec l’actrice choisie (par ailleurs très convaincante), qui fait extrêmement solide physiquement et qui se distingue en cela des autres jeunes acteurs ?

Le réalisateur explique que la jeune fille, en raison du deuil familial, souhaite en quelque sorte ne pas ‘charger’ la situation et elle prend donc sur elle cette violence insoutenable.

Mais, si au début, la complicité entre père et fille transparaît joliment, elle perd de sa teneur, de sa cohérence au fil du film, et elle rend de ce fait moins compréhensible cette prise sur soi des événements par Alejandra.

 

On ne voit que très peu les pires violences qui sont infligées à la jeune fille, toutes étant filmées « hors champ ». Le réalisateur explique avoir voulu laisser une marge de réflexion, de recul aux spectateurs, contrairement par exemple à la pire scène du film « Irréversible » de Gaspar Noé. Il est certain que grâce à ce procédé, le spectateur est épargné visuellement, mais il souffre psychologiquement car il n’y a pas besoin d’images pour imaginer le pire (les livres le font si bien).

Le fait est que non seulement la violence reste, mais en plus ce procédé indique clairement qu’on a vraiment voulu l’infliger au spectateur.

 

La réaction du père et le dénouement du film arrivent de façon aussi brutale que glaçante. Les yeux des spectateurs fixant l’écran autour de moi attestaient de cette incapacité muette à gérer ce qu’ils voyaient. Efficace diront certains, absolument désespérant crieront d’autres.

 

Je penche pour le noir désespérant, et je n’ai pas vu dans ce film d’éléments de réponse, d’explication au choix du réalisateur de nous avoir confrontés à cette violence.

En cela, je vois une limite à sa démarche.

 

Ames sensibles, ou ayant le moral dans les chaussettes s’abstenir.

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 07:51

Monsier-Lazhar.jpg

 

Ce film m’a beaucoup touchée.

 

Le début du film est le suivant : à Montréal, Bachir Lazhar, un immigré algérien, est embauché au pied levé pour remplacer une enseignante de primaire disparue subitement. Il apprend peu à peu à connaître et à s’attacher à ses élèves malgré le fossé culturel qui se manifeste dès la première leçon.

Sans entrer dans les détails, afin de ne pas révéler l’histoire, les personnages, les faits, les différents éléments se mettent en place progressivement, donnant une épaisseur au film, une densité de plus en plus tangible.

 

On pourrait croire qu’une des premières scènes, plus suggérée que réellement montrée, constitue l’élément le plus extrême, dur du film. Il n’en est rien. Certains mots et plans par la suite contiennent une violence inouïe, une souffrance difficile à circonscrire.

 

Et si cette souffrance est amoindrie par certains détails plus doux, plus humains et parfois même drôles, le film n’en demeure pas moins l’expression talentueuse de douleurs qu’on apprivoise à défaut de les éteindre, parce qu’elles vont au-delà de ce que l’esprit humain peut comprendre, accepter. Ainsi, certaines questions ne trouvent pas toujours de réponses.

Cette douleur, on l’apprivoise au contact de l’Autre, en créant un lien, en poussant un cri, en jetant un fil dont quelqu’un d’autre se saisira peut-être pour arriver jusqu’à nous.

 

Les interprètes, tout particulièrement Fellag et les deux élèves principaux fille et garçon (dont la fille, curieusement, n'est pas sans me rappeler le visage d'Anna Chlumsky à peu près au même âge), sont précis, justes malgré leur jeune âge pour les deux derniers, et portent de toute leur expressivité et sensibilité ce long-métrage.

 

J’ai également trouvé très bien montrés l’éloignement de son pays du personnage principal, la sensation de solitude dans un univers qui n’est pas le sien, la dépossession de son être mêlée à un profond désir d’avenir.

Rares sont les films qui capturent cette sensation qui s’apparente peut-être à ce qu’on nomme sans oser traduire « saudade ».

La scène où Bachir Lazhar est surpris par sa collègue le soir de la fête de l’école est ainsi un moment très émouvant.

 

Quant à la vision de l’école par cet homme, et de l’accompagnement des enfants, elle ne peut que toucher, à l’image de cette jolie citation :

« Une chrysalide, c’est un insecte entre la chenille et le papillon, dans un petit cocon fragile, bientôt prêt à déployer ses ailes, comme vous ».

 

Un très beau film au cœur de l’hiver, dans le froid décor d’une école québécoise, qui réchauffe le cœur.

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 08:56

    Le-sommeil-d-or-3-copie-1.jpg

Il s’agit d’un beau documentaire, premier long métrage de Davy Chou. Après The Twin Diamonds, son moyen métrage dédié au cinéma cambodgien, le jeune réalisateur s'est lancé dans la réalisation de ce documentaire, qui est né suite à une discussion qu'il a eue avec sa tante à propos de son grand-père. Ce dernier était producteur de cinéma au Cambodge.

 

Le cinéma cambodgien, né en 1960 (environ 400 films ont vu le jour en 15 ans), a vu son ascension stoppée brutalement en 1975 par l'arrivée au pouvoir des Khmers Rouges. La plupart des films ont disparu, un grand nombre d’acteurs ont été tués et les salles de cinéma ont été transformées en restaurants ou karaokés.

Quelques survivants de cette époque témoignent, font revivre les films, les lieux.

 

La musique, indépendamment des films, est restée et circule, ravivant les souvenirs, sur Internet.

 

Au-delà de l'aspect historique très instructif (dont j’ignorais à peu près 90%), ce film nous pousse à la réflexion sur la valeur du cinéma dans nos vies, sur sa place dans un pays, et sur la force des souvenirs.


Certains témoignages sont tout à fait poignants.

Comment accepter que d’un film qu’on a réalisé, produit, pour lequel on a tant donné, ne reste plus qu’un extrait sonore ? Un bout de pellicule ? Ou … rien du tout ?

Comment transmettre à ses enfants sa mémoire de cinéma ?

Comment entendre, comment comprendre le fait qu’un des survivants (cinéphiles) de cette époque se souvienne pourtant mieux des films et acteurs de cinéma de ces années que des visages de sa propre famille ?

     

Une belle et intéressante première scène, qui brouille les repères, sur des routes de terre  où les deux roues avancent à l’envers.

 

Un enthousiasme inextinguible, une leçon de cinéma dans l'adversité, un hommage précieux au 7ème art malgré la souffrance.

 

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 08:12


Le-sommeil-d-or.jpg

Un bref post sur ce documentaire d'1h40 sur le cinéma cambodgien des années 60-70, avant qu'il ne soit intégralement détruit par les Khmers Rouges en 1975. Un sujet très pointu mais c'est un point de départ à partir duquel le film s'intéresse aux relations entre le cinéma et la mémoire, et retrace, à travers des destins incroyables, l'histoire de ce pays meurtri.

La bande-annonce est en lien.

Le film passe actuellement dans deux salles à Paris, le MK2 Beaubourg et l'Espace Saint-Michel, avant de partir en régions.

Toutes les infos sont disponibles sur le site du film.

Je vais essayer d’aller le voir vite. Si vous l’avez déjà vu, n’hésitez pas à donner votre avis !


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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 22:56

    Du-vent-dans-mes-mollets.jpg 

 

En voilà un joli titre quand il est associé à l’enfance, frais, empli de poésie.

Ce film est adapté d’une bande dessinée et d’un roman éponymes de Raphaële Moussafir, que je n’ai pas lus, ce qui m’a fait découvrir le film d’un œil neuf à l’exception de la bande annonce.

 

Ce petit film n’est pas exempt de défauts, mais j’ai envie de les chasser de mon esprit comme de légers nuages. J’ai très envie de l’encourager, de le pousser comme cette petite fille qui grandit et se trouve à l’étroit dans divers carcans, à commencer par un amour maternel étouffant, puis des souvenirs paternels à tendance indigeste et culpabilisante, et des tonnes de principes dont elle aurait très envie de n’avoir jamais cure.

     

Oui, ce film est plein de bons sentiments, d’émotions, mais ils sont joliment montrés dans un décor du début des années 80 qui nous fait revenir en arrière avec nostalgie (81 est l’année de ma naissance, ceci explique peut-être cela !).

Décidément, la nostalgie imprègne nombre de films actuellement (cf Camille redouble, critique à venir).

 

Les dialogues entre les parents, mêlant douteusement français et anglais pour que la petite ne les comprenne pas, sont très drôles et sonnent juste.


Le jeu des deux petites filles est excellent, et elles nous emportent dans leurs rires complices.

Agnès Jaoui est méconnaissable en mère juive étouffante et qui – pour la citer – ‘s’empâte’ dans sa vie de couple. Denis Podalydès, tout en retenue, trouve une place dans cet univers très féminin. Isabelle Carré est plutôt touchante dans ce rôle de mère seule. Quant à Isabella Rossellini, c’est toujours un plaisir de la voir dans un film.

 

J’ai aussi aimé les couleurs acidulées de ce film, sa musique aux allures tziganes (Eric Slabiak), et ces plans rapprochés sur l’énergie de ces visages d’enfants.

En fait, ce film sent tellement le vécu, le vrai, on s’en rend compte petit à petit, de façon très touchante.

 

Nous jouons tous – plus ou moins contraints – à notre vie d’adulte avant même de la comprendre, et pourtant … le vent de l’enfance ne souffle qu’une fois.

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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 14:19

CHERCHEZ-20HORTENSE-20PHOTO1.jpg


Ne cherchez pas à comprendre l’histoire à partir du titre avant d’aller voir le film, ce serait peine perdue ! L’explication de ces deux mots arrive au cours du film.

 

Je ne peux pas dire que j’ai été vraiment emballée par ce film, dont j’avais pourtant regardé la bande annonce avec le sourire.

 

Je n’ai pas boudé mon plaisir de revoir Jean-Pierre Bacri et sa tête inimitable. Depuis Un air de famille et Le goût des autres, j’étais de toute façon complètement acquise à la cause de ce visage contrarié et au comble de la lassitude. Ne me demandez pas pourquoi, j’adore cet acteur et surtout je ne m’en lasse pas. Mais je lirai avec intérêt les raisons (si elles existent) de l’attrait (s’il existe) pour ce visage de mes lecteurs (que je remercie pour leur patience compte tenu de mon rythme - assez caractéristique - de tortue asthénique pour pondre des critiques).

Isabelle Carré se sort également assez bien de ce rôle, même si mon attachement à cette actrice, pourtant sympathique et touchante dans la plupart de ses rôles, ne croît pas au fur et à mesure de ses rôles.

Claude Rich en fait un peu trop mais cela fait partie du personnage dans le film.

Quant à Kristin Scott Thomas, elle apparaît de plus en plus belle et magnétique, mais dans ce rôle elle s’approche un peu de « Partir », qui m’avait fait un peu fuir, et s’éloigne assez du « Patient anglais » qui m’avait beaucoup touchée.


Le film ne m’a pas paru très crédible sur la fin, et c’est assez dommage à mon sens.


Ce que j’en ai aimé tient en quelques mots : la brochette d’acteurs réunis, les dialogues très bien écrits, et puis la thématique de l’être qui repousse indéfiniment une action dont les conséquences pourraient être lourdes, tout en ne l’assumant pas du tout.


Quelques répliques avec en tête le visage de Bacri dans toute sa splendeur :


A la question « Vous avez des rapports simples avec votre père ? » qui lui est posée, sa réponse :

« Ben, j’ai des rapports simples avec personne, et encore moins avec mon père. »


Ou encore…

« Putain, c’est pas possible… »


Sacré Jean-Pierre Bacri… J

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 20:08

 

 Deauville-Festival-2012


Un petit billet (un peu tardif) sur ma journée au festival du film américain de Deauville le 1er septembre dernier.

C’est au travail que m’est venue soudain cette idée, qui m’a immédiatement enchantée.

Certes, je pensais (à tort, j’avais mal lu, c’était l’an dernier qu’elle y était) avoir peut-être le privilège d’entr’apercevoir Naomi Watts. Certes.

 

Toujours est-il que je suis ravie de cette escapade normande (Intercités Paris-Deauville, 2h) qui m’a permis, grâce à un « pass journée » de me faire une idée de ce qu’était un festival – international – de cinéma. Dans ma petite tête de cinéphile rêveuse, je crois que je n’imaginais pas que cela puisse être si simple.

 Photo0343.jpeg

Après une excursion erronée mais sympathique (y compris en bac sur la Touques, oui oui) jusqu’au casino de Trouville (les grincheux diront : « mais comment est-ce possible d’être aussi étourdie ? » Je leur répondrai : « je ne sais pas, mais sans l’être vous auriez manqué un charmant aperçu de Trouville, qui vaut davantage le détour que son nom semble à première vue l’indiquer »), et obtention du précieux badge journée, direction l’auditorium (1497places !) pour la première projection – au cours du festival – du film For Ellen. La réalisatrice, So Yong Kim, ainsi que l’acteur principal, Paul Dano, sont assis juste dans la rangée de devant. Les appareils photos, portables et autres appareils électroniques des quidams autour capturent de façon décomplexée et compulsive leurs visages. Déconcertant. Arrivent pour assister à la projection, précédés par des applaudissements, Frédéric Beigbeder, Anaïs Demoustier, Clotilde Courau, Sami Bouajila et peut-être d’autres que mon esprit confus n’aura pas su reconnaître.

Ca a l’air tout bête, mais c’est vraiment l’adjectif « déconcertant » qui me vient à l’esprit en voyant toutes ces personnes dans la même salle (j’ai une vague idée de ce que les grincheux pourraient trouver à redire sur ces propos un peu naïfs, mais les grincheux, vous l’aurez compris, n’ont pas droit de cité dans ma sphère de joie).

 

Le film est plutôt pas mal. L’histoire tient debout, et Paul Dano interprète de façon assez consistante un jeune musicien bien paumé mais finalement pas antipathique. Certaines de ses émotions, paroles, regards sont justes, notamment dans son incompréhension mêlée de fascination tendre pour cette enfant qu’il ne connaît pas. L’incompréhension est un peu la toile de fond, le fil conducteur de cette histoire. Elle imprègne les relations entre père et fille, entre client et avocat, entre homme et sphère juridique. Le monde du dehors (froid comme les lignes d’horizon neigeuses, seulement marquées par le passage des véhicules) se heurte à celui du dedans (chaleur des intérieurs où les hommes abandonnent leurs manteaux), Paul Dano passant de l’un à l’autre sans souvent se dévêtir. Je ne sais pas si la fin aurait pu être différente, si elle aurait pu avoir un autre sens. En tout cas, elle se fond dans ces lignes d’horizon silencieuses. Un regard qui prend son temps sur les distances qui séparent les êtres.

 

En début d’après-midi, sur les terrasses du CID, conférence de presse pour le film ‘Jason Bourne : l’héritage’. Je n’ai pas spécialement envie de voir ce film, mais tout de même, il y a le réalisateur et les deux acteurs principaux du film, dont Rachel Weicz. Il est intéressant de voir la dynamique entre ces personnes et celles qui assistent à la conférence, ainsi qu'avec l’interprète.

 

Ensuite, toujours dans l’auditorium, première projection du long-métrage Your sister’s sister en présence de sa réalisatrice, Lynn Shelton. Le film est surtout sympathique pour son trio d’acteurs, avec une Emily Blunt débordant d’énergie. Une chose m’a fortement dérangée (un parti-pris de la réalisatrice ?) : la coexistence de paysages naturels très beaux, à la photographie plaisante, avec des scènes en intérieur entre les personnages filmées comme une série télévisée… ?! Pour le reste, c’est un peu la confusion des sentiments, et on se demande bien où on va finir par atterrir. Reste un film assez enlevé, aux dialogues plutôt frais et libres (la réalisatrice ayant vraisemblablement laissé le champ libre à l’improvisation?). Un certain humour, et une peinture des relations entre sœurs assez touchante.

 

Avant de reprendre le train et afin de profiter pleinement de cette journée, une idée saugrenue et tout à fait regrettable : poursuivre dans l’auditorium pour visionner Bachelorette’. Bien entendu, je ne m’attendais qu’à une mauvaise comédie américaine comme j’essaie de ne pas aller voir (enfin…presque, la preuve). Mais je crois bien avoir été scotchée au siège, incapable de me lever, tant l’adjectif ‘mauvais’ ne fait qu’effleurer la réalité épouvantable de ce film, littéralement subi visuellement et auditivement. Vulgaire, au-delà du stupide, trash, dégueulasse. Que dire ? Si ce n’est : je ne comprends pas. Je sais que ce genre de film constitue LA référence en matière de drôlerie pour un nombre de personnes que je me contrains à ne pas imaginer, même si bien sûr je n'ai pas le monopole du bon goût. Et qu’on ne vienne surtout pas me parler de second degré… ! Ah ! J’oubliais : c’est une femme qui a réalisé le film…

 

Mis à part l’inspiration malheureuse pour le dernier film (le cinéma américain : pour le meilleur et pour le pire ?), bilan positif pour cette journée deauvilloise, avec le regret de n’avoir pu assister à une des Nuits américaines de ce festival. Maybe next year ?

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 22:05

Laurence-Anyways scaledown   

   

J’ai vu ce film mi-juillet. Je ne voulais pas écrire à la suite de la projection, je ne m’en sentais ni capable ni à l’aise avec son thème. J’ai laissé l’été et les vacances passer dessus.

Anyway(s), il est revenu à l’écoute de la BO sur laquelle je suis tombée au hasard de pérégrinations ‘Spotify’. Quelqu’un près de chez moi a créé une playlist ‘Laurence Anyways’. Vous y croyez ?! Moderat, Visage et Kim Carnes ont fait le reste.


L’histoire, c’est celle d’un couple en début de trentaine, dans les années 80. L’homme, professeur dans un lycée, souhaite un jour – je dirais sans crier gare –, devenir femme. La femme doit faire face à cette déclaration qui lui fait l’effet d’une bombe. Ces deux-là s’aiment vraiment, cela se voit comme le nez au milieu de la figure, et permettez-moi de vous le dire, cela en fait mal. S’ensuivent une suite inépuisable de complications, de variations énervées sur les plans humains, familiaux, sociaux.

Leur parcours, le parcours de chacun, trace comme un sillon dans la neige froide du Québec, dans le vertige d’un amour qui ne veut pas mourir, qui ne veut pas se résoudre.

   

Je ne connais pas Xavier Dolan. Je n’avais vu aucun de ses films auparavant.

Une chose est sûre : je ne le soupçonnais pas si jeune.

Qu’on aime ou qu’on déteste Laurence Anyways, on peut se demander si ce réalisateur a vraiment son âge. Difficile de traîner avec soi, comme une gigantesque croix, autant de souffrance et de rage intense, mêlées à autant de soif de tout ce qu’on peut imaginer et plus encore.

   

Des grenades dégoupillées lancées à tout bout de champ dans ce film, hautes en couleur, sur fond de musique entêtante des années 80/90. Des scènes baroques, surchargées, des ralentis parfois à la limite du supportable.

Ces plans de dos à répétition, comme ces personnages qui veulent tellement avancer qu’ils tournent parfois le dos à leur propre vie.

   

Comment savoir à 23 ans que certains êtres sont fichus dès leur rencontre, qui constitue pourtant sans doute la plus belle chose de leur vie ? Comment réussir à le filmer ?

Ils iront jusqu’au bout. Ils y survivront. Ils ne s’en remettront jamais.

Cette rencontre est de celles-là, et le film m’a beaucoup touchée pour cela.

   

Le thème du changement de sexe est très délicat à traiter, au moins autant à regarder. Inextricable quand il s’agit d’y penser, de s’y confronter. Peut-être que pour beaucoup, ce n’est pas si difficile, mais cela l’est pour moi.

C’est quelque chose de profondément tragique et le film sait le montrer, faire exploser la catharsis qui en découle, pour nous entraîner dans les affres de ses personnages même sans vraiment tous les comprendre.

Comment ôter, modifier le premier repère, le repère fondamental du sexe, à la personne qui nous aime aussi pour cela ? Comment gérer tout ce qui alors vole en éclats ?

Comment oser affronter l’image d’un nouveau sexe que l’on renvoie de façon balbutiante à des êtres qui ne voient que la tentative de transformation, à mi-chemin entre l’avant dont on ne veut plus et qui existera pourtant toujours, et l’après qui ne sera jamais tout à fait entier ?

   

Si je n’ai pas toujours été convaincue par Melvil Poupaud, qui assume là un rôle complexe, les louanges reviennent principalement à l’excellente Suzanne Clément. Elle explose dans ce rôle éprouvant et désespéré de femme amoureuse, et nous secoue dans sa souffrance entière. Nathalie Baye, assez inattendue dans ce rôle de mère cynique, impitoyable, mais surprenante de compréhension, fait montre d’un talent que je ne lui avais pas vu depuis longtemps.

   

Il semblerait bien que pour ce film, Xavier Dolan ait été « l’homme de la situation ».

      
Un cinéaste à suivre, en l’espérant un peu moins « écorché vif » à l’avenir… ?

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