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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 13:59
De rouille et d'os    

J'assume de beaucoup aimer ce que fait Jacques Audiard. C’est toujours très violent, mais j’aime ses personnages, jamais aussi noirs qu’on pourrait croire mais beaucoup moins blancs qu’on aimerait pouvoir espérer.
C’est une vision du « masculin », sans apprêts, sans pitié, une des plus vraies que je connaisse. Et dans un effet surprenant, le « féminin » – non sans ambigüités d’ailleurs, mais avec d’autant plus de force – luit dans l’ombre du masculin.

Ali est déjà "tombé" quand il rencontre Stéphanie, il va pourtant la faire se relever tout en provoquant la chute d'autres, le tout sans états d'âme, sans réflexion, sans prise de conscience réelle, du moins au départ.

Il s’agit presque toujours pour ses héros d’une « rédemption », longue, difficile et, une fois atteinte (si l’on peut dire…) aussi fragile qu’une ballerine sur le fil d’un rasoir tenu par la main (aux 27 os) d’un boxeur amoché.


Le reproche que j'avais été tentée de faire à "Un prophète" se situait au niveau de sa longueur, ici je n'ai pas eu cette impression.


Les effets d'iris (fréquents dans "De battre mon coeur s'est arrêté", ou "Un prophète") ont été subtilement remplacés par des plans rétrécis gagnant en profondeur, ou par la lumière du soleil à travers les treilles, les grilles au bord de la route, ou frappant les visages.


Les deux acteurs principaux (Marion Cotillard, Matthias Schoenaerts) empoignent leurs rôles très physiques, à bras le corps, comme deux lutteurs étourdis par des chocs différents mais qui veulent garder les yeux ouverts.


Le handicap est à la fois montré très crument et dignement (on pourrait croire à de la froideur), en tant que spectateur on cille, on est heurté mais on ne bronche pas, on encaisse les images sans émotion déguisée ou surfaite (la maîtrise du cinéaste...).


A noter la présence de la rare Corinne Masiero, que j'avais découverte dans le très beau (et tout aussi écorché) "Louise Wimmer".


La beauté des images et émotions ressenties côtoie sans transition, sur le même plan (comme du linge qui sèche sans distinction de noblesse des tissus) le sordide, l’abject ou l’absurde des situations et instincts humains.


Le film est un peu à l’image de cette dent ensanglantée qui rebondit en tournoyant sur le sol au ralenti, dans une troublante et éprouvante beauté.


Au gris de l'âme humaine, Audiard privilégie un noir...très « lumineux ».

 

Rajout: J'allais oublier la musique! Belles compositions d'Alexandre Desplat, chouettes autres morceaux (State Trooper, Django Django, etc) le son colle à l'image de ce film autant que la lumière.     

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 20:19

Le palmarès des Oscars 2012 , ci-dessous, a été dévoilé ce week-end:

 

 

Film: The Artist, de Michel Hazanavicius

Réalisateur: Michel Hazanavicius pour The Artist

Acteur: Jean Dujardin dans The Artist

Actrice: Meryl Streep dans La Dame de fer

Second rôle masculin: Christopher Plummer dans Beginners

Second rôle féminin: Octavia Spencer dans La couleur des sentiments

Scénario original: Woody Allen pour Minuit à Paris

Adaptation: Alexander Payne, Nat Faxon et Jim Rash pour The Descendants

Photographie: Robert Richardson pour Hugo Cabret

Musique: Ludovic Bource pour The Artist

Chanson originale: Man or Muppets, paroles et musique de Bret McKenzie, pour le film The Muppets.

Décors: Dante Ferreri et Francesca Lo Schiavo pour Hugo Cabret

Costumes: Mark Bridges pour The Artist

Maquillage: Mark Coulier et J. Roy Helland pour La Dame de fer

Montage: Kirk Baxter et Angus Wall pour Millénium, les hommes qui n'aimaient pas les femmes

Son: Philip Stockton et Eugene Gearty pour Hugo Cabret

Mixage son: Tom Fleischmann et John Midgley pour Hugo Cabret

Effets spéciaux: Rob Legato, Joss Williams, Ben Grossman et Alex Henning pour Hugo Cabret

Film en langue étrangère:Une séparation, de l'Iranien Asghar Farhadi

Film d'animation: Rango, de Gore Verbinski

Documentaire: Undefeated, de TJ Martin, Dan Lindsay et Richard Middlemas.

Court métrage de fiction: The Shore, de Terry George et Oorlagh George.

Court métrage documentaire:Saving Face, de Daniel Junge et Sharmeen Obaid-Chinoy.

Court métrage d'animation: The Fantastic Flying Books of Mr. Morris Lessmore, de William Joyce et Brandon Oldenburg

 

Je retiens deux choses:

 

1/ The Artist a raflé 5 prix...ce que je ne m'explique que dans une...certaine...mesure... avec le côté agréable du film, mon attrait pour le muet, les claquettes, et le côté sympathique de M. Dujardin (qui s'évanouit toutefois complètement en ce qui me concerne quand je pense à Infidèles que je n'irai pas voir). J'en connais qui vont faire cocorico...peut-être auront-ils ainsi moins de gosier pour dire des bêtises...

 

 mais...surtout...surtout...à ma plus GRANDE JOIE...

 

2/ Une séparation a reçu l'Oscar du meilleur film étranger. Je l'avais espéré très fort. Parce qu'au delà des tensions et enjeux politiques, des conflits religieux qui déchirent la planète, des différences de moyens qui peuvent exister entre les films, de l'accueil imprévisible qui leur est parfois réservé, Une séparation avait beaucoup, beaucoup de choses à dire en tant qu' "oeuvre du 7ème art" . Ce film, ainsi que Il était une fois en Anatolie, sont et resteront mes révélations de l'année 2011.

 

Asghar-Farhadi-Oscar-du-Meilleur-Film-en-langue-etrangere-p.jpg

 

Longue vie à ce cinéma digne, porteur de sens, et visuellement rare. Hollywood sait aussi le reconnaître et le récompenser! 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 07:42

 Le-havre2.jpg

 

J'ai vu lundi soir en avant-première avec l'équipe du film le dernier long-métrage d'Aki Kaurismaki. Le "diesel" que je suis (comme dit Christoblog :) ) a besoin de laisser la beauté de ce film se diffuser en moi pour écrire à son propos.

 

Car la beauté montrée y est rare, inhabituelle. Je ne sais pas comment ce film sera perçu, mais il s'est logé dans ma tête avec, j'en ai bien l'impression, l'intention de rester.

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 22:30

artd-aimer.jpg 

 

 

Film vu dans le cadre du Festival d'automne 2 de Christoblog

 

Je ne connais pas le cinéma d'Emmanuel Mouret, mais je ne suis pas certaine que le film m'ait donné l'envie irrépressible d'approfondir cette connaissance (à tort peut-être, je ne demande qu'à être convaincue du contraire!).

 

La bande annonce laissait présager un film plutôt léger, le titre un thème...pour le moins ambitieux.

 

J'ai vécu le film comme un catalogue de pratiques/sentiments amoureux, agrémenté d'une voix off qui m'a fait penser à Woody Allen (et ce n'est pas le seul point commun avec ce dernier, notamment dans Minuit à Paris).

J'ai tout de même parfois bien ri, parce que j'y ai retrouvé des côtés très français, comme un kaléidoscope aux couleurs et formes familières. Un côté très français, avec une forte influence parisienne.

Un film assez divertissant donc.

 

Les histoires (qui s'entrecroisent...pour certaines) se succèdent comme des scénettes avec entre elles, sur fond noir, de petites phrases aux allures de dictons.

L'aspect très théâtral, surjoué, est dérangeant, davantage pour certains personnages que pour d'autres, sauf qu'ici nous ne sommes pas au théâtre ?!

 

Judith Godrèche est à son avantage dans ce rôle de bourgeoise coincée de bonne volonté, mais j'aimerais bien la voir dans un autre registre.

Le jeune couple (Ulliel/Navarre) est plutôt convaincant.

 

La "petite musique" devient lassante parce qu'elle ne sonne pas toujours juste. C'était un pari fort risqué que de penser capturer la naissance du sentiment amoureux (qui semble un peu confondu avec le désir amoureux à certains moments) et toutes les complications qu'il crée, avec ce fil conducteur de musique intérieure.

 

Divertissant, au fond ce n'est déjà pas si mal... Non ?

 

 

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 19:15

 contagion-movie

 

 

Film vu dans le cadre du Festival d'automne 2 de Christoblog

 

Ce film, c'est l'histoire d'un virus qui se propage à vitesse éclair en tuant aux 4 coins du globe: en bref, le gros scénario catastrophe. Le virus s'appelle Nipah (il existe bel et bien). Les scientifiques se mobilisent, les civils paniquent, les morts s'entassent, les villes se ferment. Il y a des courageux, il y a des lâches. Il y a des gentils, il y a des méchants.

 

Je ne suis pas fan de ce genre de film, mais je reconnais que certains sont mieux faits que d'autres.

Ici, on ne peut pas dire que ce soit mal fait, un assez grand nombre de moyens sont déployés pour nous faire penser le contraire (casting pas désagréable, utilisation de la musique à différents volumes, maquillages), mais ce n'est vraiment pas formidable. Au delà des clichés et habitudes filmiques américaines qu'on apprécie ou non, le film ne génère ni grande frayeur ni empathie, et pour moi c'est là que se situe son problème. Il est froid, on dirait un journal télévisé, explications scientifiques simplistes pour les néophytes venant à l'appui des images.

Et puis, excepté quelques scènes (au supermarché, et dans la maison des voisins de Matt Damon), je ne trouve pas suffisamment représentée l'inhumanité que ce type d'évènement planétaire révèlerait sans le moindre doute.

Quant à la scène de 'prom ball', je n'ai pas gobé...

 

Une petite question à mes amis blogueurs et sympathisants de la toile: à la fin (avant l'enchaînement des "causes"), on voit une sorte d'engin déboiseur ou autre chenille motorisée, avec un logo de société dessus. Ce logo est le même que celui figurant sur un contrat au début du film, contrat dont la signature est filmée avec une attention qui m'avait laissé penser au départ que ce serait une des clés du film. Or, arrivée à la fin, cela ne m'a pas davantage éclairée !

 

 

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 19:04

    images-exercice

 

Excellente surprise que ce film. Un des meilleurs que j'ai vus depuis un moment dans ce style (à savoir réaliste, français, politique!).
Il ne mâche pas son propos, et certaines images sont très dures, voire insoutenables.
Mais il tient son rythme, il met en valeur ses acteurs (magnifiques duos, Gourmet/Blanc, Gourmet/Breitman, Gourmet/Deblé, personnage très intéressant du chauffeur), et resserre la tension au fil des minutes.


L'exercice de l'Etat, dans sa réalité, est périlleux, et les infortunées victimes de sa "toile" complexe feront toujours d'heureux opportunistes.

Ce film en fait la brillante démonstration: visuellement, en captant les variations d'émotions, regards, rictus, comme un scanner infaillible, grâce à des plans très réussis (je retiens parmi beaucoup d'autres celui autour des oeufs, lorsque le personnage qui part chez Vinci est filmé avec le bras étendu à l'arrière plan), et s'agissant du contenu grâce à des dialogues et répliques percutants. Les réflexions sur le pouvoir, la légitimité, la fidélité à ses convictions, l'urgence des décisions, les priorités, et les "prérogatives" sont intéressantes, aiguisées.

 

"La conquête" était déjà partie se rhabiller, à présent elle peut enfiler le manteau des grands frimas.
 

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 22:44

  images poulet prunes


Persepolis m'avait transportée, mélange subtil d'humour et de gravité extrême.

Dans cette adaptation fidèle de la BD de Marjane Satrapi (où cette dernière se raconte moins, ce qui est tout aussi appréciable), les atmosphères se succèdent mais aucune ne se ressemble, si ce n'est l'approche quasi onirique de toutes. Du kitch américain (scène hilarante et sordide) à un romantisme sucré, du surréalisme de la scène grecque antique, au désespoir du musicien et de la jeune femme amoureuse (les deux portraits féminins sont peu évidents mais habilement distincts).


J'ai retrouvé, surprenamment, un peu d'Amélie Poulain dans certains contrastes et lumières.


Golshifteh Farahani, gracieuse, illumine (comme toujours) l'écran.

Quant à Mathieu Amalric, il livre une prestation "lunaire" et inspirée pour ce film poétique sombre-amer.

 

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 23:00

Après une longue absence (merci infiniment à ceux qui ne perdent pas espoir et viennent toujours jeter un coup d'oeil à mon blog), et à défaut de critiques fleuves, voici un aperçu des films que j'ai vus (oui, quand même!), aimés ou moins aimés.

 

Comme je me suis un peu éloignée de la blogosphère, n'hésitez pas à commenter ces quelques lignes et aussi (et surtout) à m'indiquer d'autres films qui vous ont chamboulé, plu ou irrité! :)

 

 Je n'ai pas aimé:

     - du tout Habemus Papam: soupirs d'ennui pour ce film longuet où Nanni Moretti content de lui n'arrête pas de pérorer, sujet pourtant très intéressant qui aurait mérité un traitement plus...profond. Et je trouve dur de dire cela, j'aime beaucoup la plupart de ses précédents films (La chambre du fils, Journal intime,...).

     - du tout non plus We need to talk about Kevin: film aussi froid et désagréable que ses acteurs, à ne pas mettre devant tous les yeux, atmosphère malsaine à souhait...sur ce thème, j'avais de loin préféré Elephant.

     - Beauty: voilà ce qui peut arriver quand on va voir un film sans avoir lu quoique ce soit à son propos...Portrait glaçant, sans concessions, d'une certaine Afrique du Sud, et d'une souffrance masculine. La seule chose que j'ai trouvée très bien faite, ce sont les plans filmés à distance et rendus de ce fait muets, où le personnage principal est en observation. A ces instants là, le film distille une subtilité, une souffrance, qu'on ne voit pas tous les jours au cinéma.

 

J'ai aimé:

     - beaucoup: Appollonide, souvenirs de la maison close: sujet traité finement et avec originalité, plongée cruelle dans une maison close. Actrices très homogènes brillant ensemble comme les plumes de la queue du paon qui se déploie, dont la féminité est filmée à travers les étoffes soyeuses de costumes dont la beauté est vraiment à signaler. La question de l'existence des maisons closes, de leur maintien ou de leur fermeture, s'enrichit de nombreux éléments de réflexion grâce au film.

      - Les hommes libres: beau portrait d'hommes courageux dans des décors magnifiques, accompagnés de musiques rares. Tahar Brahim assez crédible, excellent Michael Lonsdale. Oeuvre sincère, au service de la reconnaissance d'une belle cause, et d'un pan de l'Histoire méconnu. 

      - Et maintenant on va où? Film agréable, construit esthétiquement, même si ma préférence va à Caramel (1er film de la réalisatrice) pour le caractère plus intimiste de ses portraits de femmes (et d'hommes). Belle musique, bonnes idées (dispute éclair des femmes, inversion des rôles,...) pour un film oeuvrant pour la tolérance religieuse.

      - The artist: je ne crois pas être très objective concernant ce film, mais il me faut expliquer qu'il arrivait après une succession de films plus glauques les uns que les autres...j'en suis donc ressortie le sourire aux lèvres, et c'était déjà très bien. Même si en y réfléchissant bien, ce n'est pas le film de l'année. J'ai cependant pu y apprécier un Jean Dujardin élégant sans sa tchatche habituelle. Et puis...un film sans paroles...juste en musique, que c'est reposant.

      - Polisse: je suis passée, grande ignorante, à côté des polémiques (Maïwenn, Joey Starr, passés tumulteux,...) et me suis trouvée plongée dans ce film violent comme dans de l'eau glacée, momentanément figée et subissant ce que je voyais. On en prend plein la figure, et rien à faire, c'est bien fait. En revanche, le côté Maïwenn photographe, Maïwen en couple/pas en couple (enfin si quelqu'un a compris l'intérêt de ce dernier point dans le film, qu'il m'éclaire), j'y ai moyennement goûté. On n'a pas le temps de dire ouf, ca fuse, les gestes, les mots, les cris, on retrouve un peu l'énergie de La guerre est déclarée, et donc tout "passe". Excellente musique "Stand on the world", qui colle parfaitement à la scène de la boîte de nuit. Quant à la réalité que le film reflète, mieux vaut ne pas trop y penser, sinon...bref, c'est sordide.

 

 

A suivre: Poulet aux prunes, L'exercice de l'Etat, Contagion...et....d'autres encore!

 

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 08:00

Un petit post pour indiquer à ceux qui ne sont pas des anciens blogueurs Allociné que les anciens blogs Allociné sont à présent hébergés par Overblog.

 

Cela explique l'apparence "sommaire" du blog, car je n'ai pas encore eu le temps de me pencher sur toutes les fonctionnalités accessibles sur cette nouvelle plateforme depuis le transfert récent.

 

En tout cas, n'oubliez pas de vite mettre à jour la nouvelle adresse (http://clairedanslessallesobscures.over-blog.com/) dans vos liens préférés, et si elle n'y est pas, c'est l'occasion de l'y insérer! :)

 

A presto!

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 19:50

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Pas évident de partir voir un film avec une double appréhension: celle des critiques dythyrambiques lues auparavant à son sujet, et celle de son thème, à savoir un jeune couple face à la maladie de leur jeune enfant.
Mais ce film suffisamment singulier a su se démarquer pour m'offrir un ressenti pluriel et constructif.

 

"La guerre est déclarée", c'est un film à l'emporte-pièces, dans ses propos et dans la manière dont il est filmé. Comme son héroïne (et sa réalisatrice), ça passe ou ça casse. Et de ce fait même, souvent, ça passe. Je ne suis pas certaine que cela emporte dans sa globalité de si grandes réflexions existentielles ou métaphysiques, mais ça passe.

Le film est tourné tout en impulsivité, en action, en vitesse, au plus près des visages, des corps, des regards. Pas une scène il me semble où on ne voit personne. Toujours quelqu'un. Toujours la vie.
Pour survivre, il faut agir, bouger. Ce film semble nous dire que s'immobiliser c'est laisser la maladie, la défaite - la mort même - gagner du terrain.

Trop en savoir, ce n'est pas si bon pour le moral. Ne rien savoir, ce n'est pas humainement concevable.
Même l'hôpital s'anime: course dans les couloirs, marche à deux épaule contre épaule, à la queue leu leu, à côté du lit où on transporte l'enfant, enfilage des blouses et des masques, portes qui s'ouvrent et se referment.

Entre documentaire et parfois curieusement presque roman photo, l'hôpital, la ville, le train, le film tout entier nous plonge dans cette réalité non souhaitée.

Alors les effets, les imperfections, les approximations du film passent au second plan, après la vie.

 

Les deux acteurs principaux sont impeccables, et je me suis demandée comment ils avaient pu se replonger dans ce passé pour entrer dans leurs rôles.

 

Oui c'est vrai, on pense que cette guerre déclarée a été gagnée, et en ce sens le film ne nous laisse pas sans espoir (on ne se sent pas écrasé de tristesse alors que le sujet est très difficile), mais est-il possible d'y survivre tout à fait?

La scène finale, entre beauté poignante et fragilité insoutenable, m'a serré le coeur en pensant à l'avenir.

La médecine a certes fait beaucoup de progrès, et que faire quand on ne sait guérir les autres soi-même à part accorder sa confiance à d'autres, mais dans sa conception occidentale elle ne laisse vraiment personne indemne.

 

Ils étaient détruits, mais plus forts, dit à peu près Valérie Donzelli quand s'envole le manège. La plus belle phrase du film d'après moi, peut-être la plus profonde, qui passe un peu vite. Là n'était pas le propos du film, mais j'aurais aimé connaître davantage le cheminement personnel, intérieur et ultérieur, de ce couple.

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